Angola: Le pays mise sur de nouveaux appels d'offres pour enrayer le déclin de la production pétrolière

Luanda — Le Gouvernement angolais met en oeuvre une stratégie de relance de l'exploration pétrolière afin de contrer le déclin naturel de la production nationale, a assuré mardi à Luanda le ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz, Diamantino Azevedo.

S'exprimant lors de la cérémonie officielle organisée à l'occasion de la visite de la Présidente namibienne, Netumbo Nandi-Ndaitwah, à la raffinerie de Luanda, le responsable a indiqué que 72 nouveaux blocs pétroliers avaient été attribués au cours des cinq dernières années, à la faveur des mesures engagées pour dynamiser le secteur. Parmi ceux-ci, 50 font déjà l'objet de contrats.

Diamantino Azevedo a rappelé que le recul de la production et les contraintes pesant sur les investissements avaient commencé à se manifester concrètement à partir de 2014, sous l'effet de la conjoncture économique internationale et de difficultés internes.

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La stratégie gouvernementale repose notamment sur le lancement régulier d'appels d'offres pour l'attribution de blocs pétroliers, l'intensification de la prospection des hydrocarbures et le recours à un mécanisme de négociation permanente destiné à attirer les investissements privés et à permettre la mobilisation de réserves supplémentaires dans les champs en production.

Parallèlement aux mesures visant à inverser cette tendance, le Gouvernement a engagé, dès 2017, une série de réformes juridiques, fiscales et institutionnelles. Celles-ci ont notamment conduit à la création de l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) et de l'Institut de régulation des dérivés du pétrole (IRDP), ainsi qu'à la redéfinition du positionnement stratégique de Sonangol dans la chaîne de valeur des hydrocarbures.

Selon le ministre, l'Angola s'emploie également à diversifier son secteur énergétique en misant sur le gaz naturel et le raffinage national, au-delà de la seule production de pétrole brut.

Dans cette perspective, le Gouvernement a approuvé, en décembre 2024, le Plan directeur du gaz naturel, destiné à assurer la valorisation durable de cette ressource, à renforcer la sécurité énergétique et à soutenir l'industrialisation du pays.

Le Nouveau Consortium gazier doit ainsi garantir l'approvisionnement du terminal angolais de gaz naturel liquéfié (ALNG), de la centrale thermique de Soyo ainsi que de futurs projets dans les secteurs de la pétrochimie, des engrais et de la sidérurgie.

Le ministre a toutefois relevé qu'en dépit de son statut de producteur important de pétrole brut, l'Angola continue d'importer environ 70 % de ses besoins intérieurs en gazole et en essence.

Pour parvenir à la sécurité et à l'autosuffisance en matière d'approvisionnement en carburants, Diamantino Azevedo a indiqué que plusieurs projets d'extension des capacités nationales de raffinage étaient en cours de réalisation ou à l'étude. Il s'agit des raffineries de Cabinda, d'une capacité prévue de 60 000 barils par jour, de Soyo, avec 100 000 barils par jour, et de Lobito, dont la capacité projetée atteint 200 000 barils par jour.

Concernant la raffinerie de Lobito, dont le taux d'avancement des travaux avoisine 30 %, le ministre a profité de l'occasion pour renouveler l'invitation adressée à la Namibie à rejoindre le projet en qualité de partenaire stratégique.

Abordant les enjeux liés au capital humain et à l'innovation technologique, Diamantino Azevedo a souligné que la pérennité de l'industrie pétrolière reposait également sur la formation et la qualification des compétences nationales.

Il a notamment cité le Centre de formation maritime d'Angola, l'Institut moyen du pétrole de Sumbe et l'Institut supérieur polytechnique des technologies et des sciences (ISPETEC), qui contribuent au développement des compétences nécessaires au secteur.

Le ministre a annoncé, à cet égard, que l'École supérieure nautique de Sumbe et une antenne de l'ISPETEC à Cabinda, spécialisée dans les génies mécanique et pétrolier, devraient entrer en activité au cours de l'année.

Il a également mis en avant le développement du Centre de recherche et de développement de Sonangol, à Sumbe, dont les travaux portent sur les solutions technologiques appliquées aux hydrocarbures, aux énergies renouvelables, aux biocarburants et aux minéraux critiques indispensables à la transition énergétique.

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