Congo-Brazzaville: Santé - Le Dr Régis Gothard Bopaka préconise une meilleure prise en charge du ronflement

Le spécialiste des maladies respiratoires et allergiques et responsable de la section éthique au Centre hospitalier universitaire de Brazzaville (CHU-B), Dr Régis Gothard Bopaka, a appelé à considérer le ronflement non pas comme une simple gêne ou un phénomène anodin, mais comme une véritable maladie nécessitant un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée pour éviter des complications parfois graves.

Le Dr Bopaka a mis en lumière les nombreuses conséquences du ronflement, qui peuvent inclure des troubles respiratoires, cardiovasculaires, neurologiques et même sociaux. Il a expliqué que cette condition découle souvent d'un obstacle à la circulation normale de l'air dans les voies respiratoires pendant le sommeil.

Selon lui, plusieurs facteurs peuvent provoquer le ronflement, notamment des anomalies anatomiques comme la déviation de la cloison nasale, l'hypertrophie des amygdales ou des végétations adénoïdes, ainsi que certaines maladies respiratoires. À cela s'ajoutent des éléments de risque comme la prise de somnifères, l'obésité, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et le manque de sommeil.

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Le médecin a également indiqué que certains groupes de personnes sont plus vulnérables au syndrome d'apnée obstructive du sommeil. Parmi eux figurent les hommes, les personnes âgées, celles ayant subi des changements hormonaux après la ménopause, ainsi que celles présentant des antécédents familiaux ou souffrant d'asthme ou d'autres pathologies respiratoires.

Contrairement à une idée reçue, le problème de ronflement et ses conséquences ne concernent pas uniquement les adultes. Les enfants peuvent également être atteints, notamment en raison de végétations adénoïdes volumineuses, d'amygdales hypertrophiées, de l'obésité ou de certaines malformations anatomiques. Chez les plus jeunes, le manque répété d'oxygène pendant le sommeil peut entraîner des troubles de la concentration, une baisse des performances scolaires ou même un retard dans le développement cérébral.

En ce qui concerne les impacts du ronflement sur la santé globale, le Dr Bopaka a souligné qu'il réduit considérablement la qualité du sommeil en provoquant des interruptions répétées de la respiration. Cela conduit fréquemment à une fatigue chronique, des épisodes de somnolence pendant la journée et, dans certains cas graves, à une insuffisance respiratoire chronique.

Sur le plan cardiovasculaire, il a alerté sur le fait que le syndrome d'apnée du sommeil augmente les risques d'hypertension artérielle difficile à contrôler, d'accidents vasculaires cérébraux (AVC), de troubles coronariens, d'anomalies du rythme cardiaque et même de mort subite dans les cas les plus sévères.

Par ailleurs, les conséquences sociales de cette pathologie sont également importantes. Le spécialiste a détaillé comment le ronflement peut nuire à la vie familiale et sociale : diminution de la libido, perturbations du sommeil du conjoint, tensions au sein du couple et un risque accru d'accidents routiers en raison de la somnolence diurne particulièrement chez les professionnels de la route.

Pour le diagnostic de cette pathologie, le Dr Bopaka recommande fortement une consultation médicale dès l'apparition de certains symptômes tels qu'un ronflement intense, des maux de tête au réveil, une fatigue persistante ou encore des troubles de concentration pendant la journée. Il a désigné la polygraphie ventilatoire et la polysomnographie comme les examens de référence permettant un diagnostic précis tout en regrettant leur absence généralisée dans les structures médicales du Congo.

En termes de traitement, les formes graves du ronflement peuvent nécessiter une ventilation par pression positive continue (PPC/CPAP). D'autres cas moins sévères peuvent bénéficier d'une orthèse d'avancée mandibulaire, d'un traitement positionnel ou encore de recommandations hygiéno-diététiques comme la perte de poids, l'arrêt du tabac et la réduction de la consommation d'alcool. L'amélioration des habitudes liées au sommeil constitue également une mesure clé, selon lui.

Dans certains cas particuliers où le ronflement est lié à des anomalies anatomiques des voies respiratoires supérieures, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour rectifier les structures responsables telles que la cloison nasale déviée ou l'hypertrophie des amygdales et végétations adénoïdes. Ces opérations permettent un meilleur passage de l'air durant le sommeil et contribuent donc efficacement au traitement global.

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