Simplifier les procédures, réduire la bureaucratie, numériser les services : sous l'impulsion du Président Kaïs Saïed, le gouvernement a lancé un vaste chantier de modernisation de l'administration qui commence à porter ses fruits.
La Presse -- Depuis plusieurs mois, le Président Kaïs Saïed revient régulièrement sur la nécessité de simplifier les procédures administratives, qu'il présente comme un frein direct à l'action publique et à la satisfaction des attentes des citoyens. Il a déploré que de nombreux projets restent bloqués malgré la disponibilité des fonds et jugé inadmissible que des correspondances administratives prennent des mois.
Les services administratifs doivent être simplifiés et facilités, a-t-il le plus souvent souligné en tenant pleinement responsable quiconque y fait obstacle, par négligence ou délibérément. En mai 2026, le Chef de l'Etat a étendu cette exigence aux marchés publics, appelant à de nouveaux textes fondés sur la simplification des procédures et la levée des obstacles bureaucratiques, tout en préservant un contrôle rigoureux de la gestion des deniers publics.
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Lire aussi « Made in Tunisia » : Lancement officiel de la charte graphique de la nouvelle marque nationaleSes positions sur la digitalisation vont dans le même sens, avec les mêmes objectifs de transparence et de lutte contre la corruption. En janvier 2026, le Président de la République a affirmé que la digitalisation des transactions dans les différents secteurs contribuera à réduire la corruption.
Le ministère des Finances avait d'ailleurs annoncé, le 13 janvier, une approche flexible et progressive pour ne pas pénaliser les petites et moyennes entreprises. Depuis, la réponse est arrivée le 15 septembre, avec le lancement d'un portail dédié aux entreprises et professionnels à faible volume de facturation, qui permet de facturer, de signer et de transmettre en ligne sans outil d'intégration.
Un programme de 2.250 procédures déjà réalisé à 70%
La simplification administrative figure d'ailleurs parmi les préoccupations des citoyens ayant nourri les orientations du Plan de développement 2026-2030, présenté au Chef de l'État. A ce propos, le gouvernement s'est fait le relais de ces orientations. La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a fait de la digitalisation complète de l'administration un choix stratégique de l'État, en phase avec les instructions du Président, et a annoncé que 2026 serait l'année où le chantier démarrerait réellement.
C'est dans ce cadre que la Direction générale des réformes et des études prospectives administratives, rattachée à la Présidence du gouvernement, a récemment fait le point. Un programme couvrant environ 2 250 procédures a été arrêté pour la période 2025-2027, et il est déjà réalisé à hauteur de 70%.
Répondant à une question écrite de la députée Meriem Chérif, publiée hier sur le site de l'Assemblée des représentants du peuple, elle a précisé que près de 80% de ces procédures devraient être numérisées, en tout ou en partie, afin de rendre les services plus rapides, plus fiables et plus accessibles.
Pour rapprocher l'administration des citoyens, le gouvernement mise sur les maisons de services numériques, pensées en priorité pour les communes les moins bien couvertes. Trente-quatre ont déjà été implantées en 2026 dans 21 gouvernorats et répondront aux besoins de plus de 900.000 personnes, et 68 autres suivront entre 2027 et 2030, à raison de 17 par an, selon la même source.
Dans nos archives BH Bank : Résultat net ajusté à 70,4 MD contre 108,5 MD initialement annoncéLe pays a également développé une Plateforme nationale des procédures administratives, qui doit offrir un point d'accès unique pour s'informer sur les démarches, télécharger les formulaires et être orienté, grâce à la «géolocalisation numérique», vers la plateforme en ligne ou le guichet le plus proche.
L'approche dite des «événements de vie» complète ce dispositif. Elle consiste à organiser les services publics autour des grandes étapes de l'existence plutôt que selon les compétences de chaque ministère, pour éviter au citoyen de courir d'un guichet à l'autre.
Elle a déjà permis de simplifier 10 parcours et d'en repenser 3 autres dans le domaine social, de l'inscription scolaire à la conduite automobile, en passant par la couverture sociale et l'accès aux soins. Quatre nouveaux parcours, destinés aux citoyens comme aux entreprises, doivent être ajoutés en 2027, selon la Direction générale des réformes et des études prospectives administratives.
De l'hôpital numérique à la reconnaissance internationale
Dans le secteur de la santé, cette dynamique commence à produire ses premiers résultats, selon le ministre. Mustapha Ferjani vient d'affirmer que la mise en place du premier hôpital numérique a permis de relier 30 hôpitaux au réseau numérique et de réaliser plus de 120.000 lectures d'examens d'imagerie médicale à distance en l'espace d'un an.
Le système étend progressivement ses services à de nouvelles spécialités, notamment la téléconsultation, la prise en charge des AVC, la mammographie, l'anatomopathologie et l'examen du fond d'oeil. Cette connexion permet d'assurer un soutien médical 24 h/24 et de rapprocher l'expertise des citoyens dans toutes les régions, ce qui devrait réduire les déplacements et les délais d'attente des patients, et accélérer l'accès au diagnostic.
La Tunisie est aussi citée à l'international. Le 20 septembre 2026, à New York, lors de l'événement «Unstoppable Africa 2026», le chef de l'ONU, António Guterres, a cité la Tunisie parmi les pays africains qui avancent déjà, notamment grâce à ses logiciels d'intelligence artificielle et de vision par ordinateur. Le Kenya, le Maroc et le Rwanda figuraient aussi parmi ses exemples. Il a ainsi appelé l'Afrique à créer de la valeur chez elle plutôt que de vendre ses matières premières à l'état brut.
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