Sénégal: Matam - Le mot d'ordre de grève générale largement suivi à l'hôpital de Ourossogui

Ourossogui, 21 octo (APS) - Le mot d'ordre de grève générale de 72 heures qui débute ce mercredi à l'appel du Front syndical pour la défense du travail (FSDT) est largement suivi à l'hôpital de Ourossogui (nord), où les activités de consultation, d'hospitalisation et les interventions programmées au bloc opératoire sont suspendues, a déclaré le docteur Babacar Faye, secrétaire général de la section locale du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES).

Seules les urgences sont prises en charge, a-t-il indiqué dans un entretien avec l'APS.

"Le mot d'ordre de grève a été largement respecté ici, au niveau de l'hôpital de Ourossogui", a-t-il dit, soulignant que les services d'urgence assurent la continuité des soins indispensables aux patients.

En dehors de ces urgences, les consultations, les hospitalisations et les interventions au bloc opératoire ne sont pas assurées, a précisé le chirurgien pédiatre.

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Au-delà du respect du mot d'ordre de grève, le docteur Babacar Faye a attiré l'attention sur les difficultés structurelles auxquelles est confronté le système de santé dans la région de Matam, notamment le déficit en personnel médical spécialisé et la faiblesse du plateau technique.

Il a notamment souligné l'absence de neurologues et de neurochirurgiens dans la région, précisant être le seul chirurgien pédiatre de l'hôpital de Ourossogui.

Le responsable syndical a également relevé le manque d'autres spécialistes, ainsi que des insuffisances en ressources humaines, qui compliquent la prise en charge des patients et accentuent les difficultés rencontrées par les structures sanitaires.

S'agissant des équipements, il a rappelé que l'hôpital de Ourossogui occupe des infrastructures anciennes datant des années 1970, tandis que le nouvel établissement hospitalier est en cours de construction.

Il a, par ailleurs, évoqué l'absence de scanners dans plusieurs structures sanitaires de la région, notamment à l'hôpital de Matam, estimant que ces insuffisances matérielles s'ajoutent aux difficultés liées au manque de personnel qualifié.

Pour le docteur Babacar Faye, ces préoccupations figurent dans les revendications portées par le SAMES, qui appelle notamment à une amélioration des ressources humaines et des moyens techniques mis à la disposition des établissements de santé.

Le responsable syndical estime ainsi que le renforcement des effectifs médicaux spécialisés et la modernisation du plateau technique constituent des enjeux majeurs pour améliorer l'accès aux soins et la qualité de la prise en charge des populations de la région de Matam.

La grève générale de 72 heures du FSDT concerne plusieurs services publics, notamment l'éducation, la santé, l'enseignement supérieur et l'électricité, à quelques jours des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre.

Concernant le secteur de la santé, le ministre de tutelle avait appelé les acteurs à préserver la continuité des soins, notamment dans les services d'urgence.

Le gouvernement entend concilier la satisfaction des revendications professionnelles, le renforcement des ressources humaines et la maîtrise des dépenses publiques consacrées au secteur de la santé, a-t-il déclaré lors d'un point de presse du gouvernement consacré au climat social national.

L'extension de l'indemnité de logement à 7 365 agents contractuels du ministère de la Santé et des établissements publics de santé (EPS), pour un coût estimé à 8,8 milliards de francs CFA, constitue le principal point financier en suspens dans les négociations sociales du secteur, a-t-il soutenu à cette occasion.

Selon le ministre, la mesure concerne 2 564 agents du ministère de la Santé et 4 801 agents des EPS.

La Direction générale du Budget examine les possibilités de financement, notamment dans le cadre de la loi de finances de 2026 pour les contractuels du ministère et de celle de 2027 pour les agents des établissements publics de santé, a assuré Ibrahima Sy.

Il a souligné, à ce sujet, la nécessité d'inscrire cette dépense dans une perspective de soutenabilité budgétaire, en raison de l'extension de la carte sanitaire nationale et de l'ouverture de nouvelles structures de santé, qui entraînent des besoins supplémentaires en personnel.

Le ministre a également rappelé les mesures engagées en faveur du reclassement des techniciens supérieurs de santé, sur la base du décret adopté le 27 janvier 2026, ainsi que les efforts de gestion des mutations et affectations à travers la plateforme intégrée des ressources humaines du secteur.

Évoquant les relations avec les syndicats, Ibrahima Sy a fait état de près de 90 rencontres avec les partenaires sociaux au cours des deux dernières années, réaffirmant la volonté du gouvernement de poursuivre les négociations.

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