Le débat sur la délinquance des mineurs prend une nouvelle dimension à Maurice, après les violences qui ont marqué l'île la semaine dernière. Le Premier ministre Navin Ramgoolam a mis sur pied une commission parlementaire chargée d'examiner les causes de ces comportements, mais aussi les moyens de renforcer la responsabilité parentale. Parmi les pistes envisagées : abaisser de 14 à 12 ans l'âge minimum de la responsabilité pénale. Une perspective qui divise les acteurs de la société civile.
Le sujet de pouvoir poursuivre pénalement des enfants dès l'âge de 12 ans est désormais sur la table du Parlement mauricien. Un comité parlementaire devra examiner cette possibilité, ainsi que d'éventuelles mesures visant les parents, notamment lorsqu'ils incitent leurs enfants à commettre des infractions.
Pour Prisheela Mottee, présidente de l'ONG Raise Brave Girls, les mineurs doivent répondre de leurs actes, mais la réforme doit aussi leur permettre de se reconstruire. « Les mineurs doivent pouvoir faire face aux conséquences de leurs actions, et aussi ce sera une opportunité pour que les parents puissent assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants. Il est important de mettre l'enfant au centre des réformes, mais aussi qu'il soit conscient de ses actions », assure-t-elle.
Une position contestée par des professionnels de la psychologie et des organisations de la société civile.
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La psychologue clinicienne Émilie Rivet met en avant les engagements internationaux de Maurice et le développement cérébral des adolescents. « Ils ont signé la Convention relative aux droits des enfants, qui vient fixer l'âge minimum de la responsabilité pénale à 14 ans au moins. Le cerveau d'un adolescent n'a pas encore atteint sa pleine maturité. Il n'est donc pas pleinement capable d'évaluer les risques. Mettre les enfants en prison ne fonctionne pas », précise-t-elle.
Le comité devra formuler des recommandations après avoir consulté des spécialistes, notamment des psychologues et des sociologues.
