Burkina Faso: La peine de mort réintroduite pour certains crimes dans le nouveau Code pénal

23 Octobre 2026

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans le durcissement de sa législation pénale. Réunis mardi 20 octobre 2026, les 71 députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP) ont adopté à l’unanimité un nouveau Code pénal réintroduisant la peine de mort pour plusieurs crimes, notamment le terrorisme, l’espionnage et la trahison. Cette réforme, qui intervient dans un contexte de crise sécuritaire persistante, prévoit également un alourdissement des sanctions pour les détournements de fonds publics et diverses autres infractions.

Huit ans après avoir supprimé la peine capitale de son arsenal pénal, le Burkina Faso fait marche arrière. Le nouveau Code pénal, adopté le 20 octobre 2026, marque un tournant dans la politique judiciaire du pays, engagé depuis plusieurs années dans une lutte contre les groupes armés jihadistes.

Selon les précisions apportées par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, la peine de mort pourra désormais être prononcée contre les auteurs et complices d'actes terroristes, d'espionnage ou de trahison. Le texte prévoit également son application dans les affaires de parricide ainsi que dans les cas d'importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort.

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Pour les autorités de transition, cette réforme répond à la nécessité d'adapter le dispositif répressif à l'évolution de la criminalité et aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.

Terrorisme et criminalité : une réponse pénale renforcée

Le rétablissement de la peine capitale constitue l'une des mesures les plus marquantes du nouveau Code pénal. Le gouvernement burkinabè considère que le renforcement des sanctions est nécessaire pour lutter contre les infractions les plus graves, particulièrement celles liées au terrorisme.

Le ministre de la Justice a notamment défendu cette orientation en estimant que les peines précédemment applicables ne produisaient pas l'effet dissuasif recherché à l'encontre des auteurs d'actes terroristes et de leurs complices.

Au-delà des questions sécuritaires, le texte introduit également des sanctions plus sévères contre les atteintes aux finances publiques. Certaines infractions de détournement de fonds publics pourront ainsi être punies de la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une amende pouvant atteindre le triple des sommes détournées.

La réforme prévoit par ailleurs un durcissement des sanctions applicables aux infractions routières, ainsi que de nouvelles dispositions encadrant les délits de presse et les infractions liées aux technologies de l'information et de la communication.

Le nouveau dispositif maintient également la pénalisation de l'homosexualité et des pratiques assimilées, une orientation qui s'inscrit dans le renforcement du cadre répressif engagé par les autorités.

Un retour sur l'abolition de 2018

La réintroduction de la peine capitale constitue une rupture avec la réforme pénale de 2018, année au cours de laquelle le Burkina Faso avait supprimé la peine de mort de son Code pénal.

Le gouvernement avait annoncé dès décembre 2025 son intention de revenir sur cette abolition. L'adoption du nouveau texte par l'Assemblée législative du peuple concrétise cette volonté politique, sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir à la faveur du coup d'État de septembre 2022.

Cette évolution intervient dans un environnement national particulièrement difficile. Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à des attaques récurrentes de groupes armés jihadistes, responsables de nombreuses pertes humaines et de déplacements massifs de populations.

Face à cette situation, les autorités ont multiplié les initiatives militaires, sécuritaires et législatives destinées à restaurer l'autorité de l'État et à renforcer la protection des populations.

Une réforme qui relance le débat sur les droits humains

Si le gouvernement présente le nouveau Code pénal comme un instrument de lutte contre la criminalité et l'impunité, le retour de la peine capitale soulève également des interrogations sur les garanties judiciaires et la protection des droits fondamentaux.

La peine de mort demeure en effet un sujet de controverse à l'échelle internationale, notamment en raison de son caractère irréversible et des risques d'erreurs judiciaires. Son efficacité en matière de dissuasion de la criminalité fait également débat.

Au Burkina Faso, les conditions de mise en œuvre des nouvelles dispositions, les garanties offertes aux personnes poursuivies et leur conformité aux engagements internationaux du pays constitueront des enjeux importants.

Avec l'adoption de ce nouveau Code pénal, les autorités burkinabè affirment leur volonté de privilégier une réponse judiciaire plus sévère face aux menaces sécuritaires et aux infractions graves. Reste à déterminer dans quelle mesure ce durcissement contribuera à améliorer durablement la sécurité et à renforcer l'État de droit.

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