Centrafrique: Le président refuse d'intervenir pour la libération de cinq activistes arrêtés le 15 octobre

En Centrafrique, le président refuse d'intervenir pour obtenir la libération de cinq acteurs de la société civile arrêtés à Bangui. Faustin-Archange Touadéra s'est exprimé mercredi 21 octobre, estimant que cette décision relève de la justice, appelée à faire son travail en toute indépendance.

Le chef de l'État centrafricain s'est exprimé mercredi soir, lors d'une rencontre avec des représentants de la société civile, venus plaider en faveur de leurs collègues. Ces derniers avaient appelé à une journée « ville morte » le 12 octobre pour protester contre la vie chère et la hausse des prix du carburant.

Depuis l'arrestation de ces cinq activistes, les appels à leur libération se multiplient, y compris au sein des Forces vives de la Nation et dans les rangs du pouvoir.

C'est un plaidoyer pour la liberté d'expression et l'État de droit. Face au président Faustin-Archange Touadéra, les représentants de la société civile centrafricaine ont réclamé la libération de cinq activistes arrêtés à Bangui. Ils ont dénoncé des restrictions aux libertés fondamentales et appellent au respect des principes démocratiques.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Critiques

Faustin-Archange Touadéra a d'abord salué leur démarche, avant de durcir le ton. Selon lui, nul n'est au-dessus de la loi. L'affaire étant entre les mains de la justice, il a estimé qu'il faut respecter la séparation des pouvoirs.

Le président a également critiqué l'appel à une journée « ville morte », qu'il juge inapproprié dans un pays encore marqué par la crise de 2013. Il aurait préféré des marches pacifiques encadrées par les forces de l'ordre.

Plus grave, le président a dénoncé une possible tentative de déstabilisation. Il accuse des opposants d'instrumentaliser la société civile et d'agir en connivence avec des groupes rebelles pour fragiliser le pays et renverser le pouvoir.

Grève de la faim

Le chef de l'État établit un parallèle entre cet appel à la paralysie des activités, une récente incursion de rebelles à la frontière tchadienne - repoussée, selon lui, par les Forces armées centrafricaines (Faca) dans la Vakaga - et les difficultés d'approvisionnement en carburant liées à une grève de camionneurs camerounais.

En attendant, les cinq activistes restent détenus dans une unité de la gendarmerie, le SRI. Selon leur avocat, ils ont entamé une grève de la faim pour exiger leur libération et attendent d'être reçus par le procureur de la République.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.