En Centrafrique, le président refuse d'intervenir pour obtenir la libération de cinq acteurs de la société civile arrêtés à Bangui. Faustin-Archange Touadéra s'est exprimé mercredi 21 octobre, estimant que cette décision relève de la justice, appelée à faire son travail en toute indépendance.
Le chef de l'État centrafricain s'est exprimé mercredi soir, lors d'une rencontre avec des représentants de la société civile, venus plaider en faveur de leurs collègues. Ces derniers avaient appelé à une journée « ville morte » le 12 octobre pour protester contre la vie chère et la hausse des prix du carburant.
Depuis l'arrestation de ces cinq activistes, les appels à leur libération se multiplient, y compris au sein des Forces vives de la Nation et dans les rangs du pouvoir.
C'est un plaidoyer pour la liberté d'expression et l'État de droit. Face au président Faustin-Archange Touadéra, les représentants de la société civile centrafricaine ont réclamé la libération de cinq activistes arrêtés à Bangui. Ils ont dénoncé des restrictions aux libertés fondamentales et appellent au respect des principes démocratiques.
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Critiques
Faustin-Archange Touadéra a d'abord salué leur démarche, avant de durcir le ton. Selon lui, nul n'est au-dessus de la loi. L'affaire étant entre les mains de la justice, il a estimé qu'il faut respecter la séparation des pouvoirs.
Le président a également critiqué l'appel à une journée « ville morte », qu'il juge inapproprié dans un pays encore marqué par la crise de 2013. Il aurait préféré des marches pacifiques encadrées par les forces de l'ordre.
Plus grave, le président a dénoncé une possible tentative de déstabilisation. Il accuse des opposants d'instrumentaliser la société civile et d'agir en connivence avec des groupes rebelles pour fragiliser le pays et renverser le pouvoir.
Grève de la faim
Le chef de l'État établit un parallèle entre cet appel à la paralysie des activités, une récente incursion de rebelles à la frontière tchadienne - repoussée, selon lui, par les Forces armées centrafricaines (Faca) dans la Vakaga - et les difficultés d'approvisionnement en carburant liées à une grève de camionneurs camerounais.
En attendant, les cinq activistes restent détenus dans une unité de la gendarmerie, le SRI. Selon leur avocat, ils ont entamé une grève de la faim pour exiger leur libération et attendent d'être reçus par le procureur de la République.