Cote d'Ivoire: "As de la Palme 2026" - Koffi René au sommet des planteurs

24 Octobre 2026

Récompensé à San Pedro, ce samedi 24 octobre 2026, ce planteur de la zone d'Ehania se distingue par une approche qui associe performance agricole, bonnes pratiques et préservation de l'environnement.

Koffi Barré René entre dans le cercle des meilleurs producteurs de palmier à huile de Côte d'Ivoire. Planteur dans la zone d'Ehania, dans le Sud-Est du pays, il a remporté le Grand Prix « As de la Palme » 2026, à l'issue de la 10e édition de la Journée du planteur de Palmci. Organisée du 22 au 24 octobre, à la place Saint-Pierre de San Pedro, cette rencontre a célébré le mérite des producteurs et leur contribution à la performance de la filière ivoirienne du palmier à huile.

Le lauréat s'est imposé au terme des évaluations conduites par le jury, présidé par Laetitia Ohouo Lath, cheffe du département Développement durable du groupe Sifca. Parmi les candidats en lice figuraient notamment Kaba Doubassi, présenté comme le premier planteur de la région du Centre, et Koné Brahima.

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Au-delà de la distinction individuelle, cette édition anniversaire a mis en lumière les exigences croissantes auxquelles sont confrontés les producteurs. Placée sous le thème « Et si on parlait de lui ? Le planteur privé, source d'une filière palmier à huile durable en Côte d'Ivoire », elle a réuni planteurs, coopératives, transporteurs et communautés autour de la productivité, de la professionnalisation et de la préservation des ressources naturelles.

La performance ne se mesure plus seulement aux rendements

Pour décrocher le titre d'As de la Palme, produire davantage ne suffit plus. Le concours intègre désormais plusieurs dimensions, notamment la qualité de l'entretien des plantations, l'application des bonnes pratiques agricoles, le rendement, la préservation de l'environnement, les aspects sociaux et la traçabilité.

Les évaluateurs accordent une attention particulière à la régularité du travail dans les parcelles, à leur entretien et au respect des recommandations techniques. La protection des forêts et des cours d'eau, ainsi que l'absence de plantations dans les zones protégées, font également partie des éléments examinés.

Cette approche traduit une évolution des exigences de la filière. Les producteurs doivent améliorer leurs performances tout en préservant les ressources naturelles et en se conformant aux règles de traçabilité imposées par certains marchés.

Lors de la cérémonie, le président du conseil d'administration du groupe Sifca, Alassane Doumbia, a insisté sur cet enjeu. Il a indiqué que 14 millions d'hectares étaient suivis par satellite dans les quatre pays africains où le groupe est présent dans les activités de plantation.

Cette démarche vise notamment à répondre aux exigences des marchés en matière de lutte contre la déforestation. Le groupe entend atteindre l'objectif de zéro déforestation d'ici à 2030, avec la participation des planteurs et des communautés riveraines.

Palmci mise sur l'accompagnement technique

La reconnaissance du mérite des producteurs s'accompagne d'un dispositif d'appui technique et économique. Pour Lacina Coulibaly, directeur général de Palmci, la Journée du planteur représente la partie visible d'un engagement qui se poursuit tout au long de l'année.

« Chaque année, ce sont 90 milliards de francs CFA qui leur sont versés et qui irriguent l'économie de nos régions », a-t-il déclaré, en soulignant les retombées des revenus distribués aux planteurs et aux autres acteurs de la filière.

L'entreprise annonce également un investissement annuel de 3 milliards de FCFA dans l'assistance technique aux producteurs, dont la moitié est financée par la parafiscalité de la filière. À cela s'ajoutent les actions en faveur du renouvellement des plantations et de la traçabilité.

Selon le directeur général, 27 000 plantations sont déjà géolocalisées. Cette opération doit permettre de mieux documenter l'origine de la production et de répondre aux exigences des marchés.

Depuis le lancement de la Journée du planteur en 2016, Palmci indique avoir consacré environ un milliard de FCFA aux récompenses et à l'organisation des différentes éditions. L'entreprise affirme également mobiliser chaque année 2 milliards de FCFA pour l'entretien des routes desservant les plantations, afin de faciliter l'acheminement des régimes vers les usines.

Ces investissements répondent à un enjeu majeur : améliorer la productivité des exploitations tout en réduisant les difficultés rencontrées par les producteurs pour entretenir leurs plantations et livrer leurs récoltes.

Le revenu du planteur, au cœur des préoccupations

La question de la durabilité ne se limite toutefois pas à la préservation de l'environnement. Elle concerne également les conditions de vie des producteurs et la rentabilité de leurs exploitations.

Dans son discours, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a rappelé que l'amélioration des rendements devait se traduire par une progression réelle des revenus des planteurs.

« Produire davantage doit nous permettre de mieux vivre », a-t-il souligné, en insistant sur la nécessité de mieux accompagner les producteurs, depuis l'accès au matériel végétal jusqu'au règlement de leurs livraisons.

Le ministre a également relevé que la performance d'une exploitation dépendait de plusieurs facteurs. Un meilleur rendement ne suffit pas lorsque les charges de production sont trop élevées ou que les difficultés de transport compromettent l'acheminement des récoltes.

Il a ainsi insisté sur la nécessité de garantir des débouchés fiables, une pesée juste, une information claire sur les prix et le respect des délais de paiement. Ces exigences sont essentielles pour consolider la confiance entre les producteurs et les industriels.

Le gouvernement entend, par ailleurs, agir sur plusieurs leviers : la qualité du matériel végétal, la formation des jeunes, l'accès au financement, la sécurisation foncière, la mécanisation et l'adaptation aux changements climatiques.

Le programme Palmier Ivoire (Ppi), lancé en 2024 avec l'appui de la Banque mondiale, a notamment ouvert des possibilités de formation à plus de 1 500 jeunes, selon le ministre. L'objectif est de renforcer les compétences nécessaires à la gestion des exploitations et de favoriser le renouvellement des générations dans la filière.

Les planteurs privés, piliers de l'approvisionnement industriel

La place accordée aux producteurs privés s'explique par leur contribution à l'activité industrielle. Selon les chiffres communiqués par Palmci, ses quelque 30 000 planteurs partenaires assurent environ 75 % de l'approvisionnement de ses usines.

Cette contribution fait des producteurs un maillon essentiel de la chaîne de valeur. Le renouvellement des plantations, l'amélioration des rendements, l'accès aux intrants et la formation technique constituent donc des enjeux déterminants pour l'avenir de la filière.

Le ministre a également mis l'accent sur la transformation locale des productions. Selon les données présentées dans son discours, plus de 80 % de la production ivoirienne d'huile de palme est déjà transformée en produits finis. Il a appelé les acteurs à aller plus loin dans la valorisation des coproduits, des sous-produits et des déchets, afin de réduire les pertes et de créer davantage de valeur ajoutée.

Pour sa part, le groupe Sifca entend poursuivre son accompagnement des communautés dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'environnement, du sport et de l'autonomisation des femmes.

Cette édition a également été l'occasion de saluer la contribution des femmes à la filière, avec une distinction qui leur est spécifiquement consacrée.

Dix ans après son lancement à Tabou, en 2016, la Journée du planteur s'affirme ainsi comme un rendez-vous de reconnaissance et de dialogue entre les différents acteurs du secteur.

Avec le sacre de Koffi Barré René, l'édition 2026 met en avant une conception plus exigeante du métier de planteur : produire mieux, préserver les ressources naturelles et tirer un revenu durable de son exploitation. Un défi qui engage autant les producteurs que les industriels et les pouvoirs publics.

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