Réunis le 21 octobre 2026, à Nassian à l'occasion de la 52e session du Comité de Gestion Locale (Cgl) du Parc national de la Comoé (Pnc), les acteurs engagés dans la préservation de cette aire protégée ont plaidé pour un renforcement des actions de conservation.
Au terme des travaux, ils ont particulièrement insisté sur la nécessité d'intensifier la lutte contre l'orpaillage illégal, principale menace pesant sur cet important réservoir de biodiversité.
Présidée par le préfet de la région du Bounkani, également président du Cgl, cette troisième session de l'année s'est tenue dans la salle de réunion de la préfecture de Nassian. Elle a permis aux participants d'examiner le bilan des activités menées par la Direction de Zone Nord-Est (Dzne) de l'Office Ivoirien des Parcs et Réserves (Oipr) et de dégager des pistes d'action pour renforcer la protection de la faune et promouvoir le potentiel écotouristique du parc.
Au cours de la rencontre, le Colonel Kouadio Yao Roger, directeur de Zone Nord-Est de l'OIPR et secrétaire de séance, est revenu sur la visite effectuée le 16 octobre 2026 dans le Parc national de la Comoé par le ministre de l'Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba.
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À cette occasion, 90 agents de surveillance ont reçu leur diplôme après une formation portant notamment sur la gestion des opérations de surveillance, l'hygiène, la santé, la sécurité au travail (Hsst), les techniques de secours, la survie en milieu naturel et l'utilisation d'outils innovants. Ces agents constituent désormais la « Force Comoé », un dispositif destiné à renforcer la surveillance du parc.
Les travaux ont également été marqués par la présentation des résultats de l'inventaire des oiseaux d'eau réalisé en 2026. Selon le Dr Zago, expert en ornithologie, le Parc national de la Comoé demeure le plus grand réservoir d'oiseaux de Côte d'Ivoire. Cette étude a mis en évidence la présence de 19 nouvelles espèces au sein du parc, une découverte qui enrichit les connaissances scientifiques sur sa biodiversité et offre de nouvelles perspectives pour le développement de l'écotourisme, notamment à travers l'observation des oiseaux.
À la lumière de ces résultats, les membres du Comité ont recommandé la réalisation d'une encyclopédie dédiée à l'avifaune du Parc national de la Comoé afin de mieux valoriser cette richesse naturelle. Ils ont également préconisé le renforcement des campagnes de sensibilisation auprès des populations riveraines en faveur de la protection des espèces menacées ainsi que le développement de recherches en ethnozoologie pour approfondir la compréhension des interactions entre les communautés locales et la faune sauvage.
La question sanitaire a également été abordée au cours des échanges. Les participants ont recommandé un renforcement de la sensibilisation des populations à la fièvre jaune, une préoccupation qui demeure d'actualité dans la région du Bounkani.
Clôturant les travaux, le président du Cgl a salué l'engagement des membres du comité en faveur de la conservation de cette aire protégée classée au patrimoine mondial. Il a surtout insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance accrue face à l'orpaillage clandestin.
« J'exhorte l'Oipr à poursuivre et à intensifier la lutte contre l'orpaillage illégal. La préservation du Parc national de la Comoé est une responsabilité collective qui exige la mobilisation et l'engagement de tous », a-t-il déclaré.
La prochaine session du Comité de gestion locale se tiendra à Abengourou, dans le ressort de la Direction de Zone Sud-Est de l'Oipr, en charge notamment de la gestion des réserves naturelles de Bossématié et de Mabi-Yaya.
À travers cette rencontre, autorités administratives, gestionnaires, communautés riveraines et partenaires ont réaffirmé leur volonté de conjuguer leurs efforts pour assurer la préservation durable de la biodiversité du Parc national de la Comoé et renforcer la valorisation de ce patrimoine naturel d'exception.