ALGER — L'Académie algérienne des sciences et des technologies (AAST) a organisé, lundi à Alger, un atelier international sur le rôle de l'intelligence artificielle (IA) dans la reconfiguration du marché du travail, à la lumière des mutations technologiques accélérées.
La cérémonie d'ouverture de cet événement s'est déroulée en présence de la ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels, Mme Nacima Arhab, et de la ministre, Haut-Commissaire à la numérisation, Mme Meriem Benmouloud, ainsi que d'un panel de chercheurs et d'experts.
Dans son allocution d'ouverture, le président de l'AAST, le professeur Mohamed Hichem Kara, a affirmé que l'IA avait dépassé le cadre de la recherche pour devenir une force ayant un impact économique.
La transformation radicale qu'a connue l'IA a ainsi fait émerger de nouveaux défis sur le marché mondial du travail, ce qui "impose d'adapter les compétences humaines aux exigences de l'époque".
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A cet égard, il a souligné que l'Algérie avait adopté une approche prospective et réfléchie pour accompagner la révolution de l'IA, une démarche qui se traduit concrètement par les hautes orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, notamment à travers la création de l'École nationale supérieure de l'intelligence artificielle (ENSIA).
Il a également relevé que "les révolutions technologiques ne se mesurent pas à l'ampleur des changements qu'elles provoquent, mais à la capacité des sociétés à les transformer en opportunités", soulignant que "l'Algérie, grâce à sa jeunesse et à ses compétences, est en mesure de faire partie des acteurs de cette transformation".
En marge de cet atelier, Mme Benmouloud a salué la qualité des interventions qui ont marqué cet événement, reflétant l'importance qu'accorde l'Algérie à la transformation numérique et à la souveraineté technologique.
Dans ce contexte, elle a rappelé que l'Algérie avait franchi "des étapes importantes et anticipatives" dans ce domaine, qui ont été couronnées par sa participation, parmi 29 pays, à la création de l'Organisation mondiale pour la gouvernance de l'intelligence artificielle.
La ministre a également souligné que la gouvernance des données constituait "le moteur fondamental de toutes les technologies modernes", mettant en avant l'importance stratégique du décret présidentiel 25-320, qui consacre les données en tant qu'actif stratégique de l'État et définit le cadre de leur gouvernance afin de garantir la maîtrise des technologies de demain.
Pour sa part, Mme Arhab a qualifié cet atelier d'"étape importante pour répondre aux défis futurs auxquels sont confrontés les métiers et les emplois, à l'heure de la généralisation de l'IA".
Elle a précisé que cet atelier visait principalement à anticiper l'évolution des métiers afin d'intégrer ses résultats dans les stratégies de la formation professionnelle destinées à accompagner les mutations technologiques. Les travaux devront ainsi répondre à deux problématiques : identifier les nouveaux métiers à intégrer dans la nomenclature de la formation professionnelle afin d'améliorer les perspectives d'emploi des jeunes, et déterminer les métiers menacés de disparition ou nécessitant une refonte globale des programmes de formation destinés à la nouvelle génération.
A noter que cet atelier scientifique, organisé à l'ENSIA, se poursuit pendant deux jours, avec des interventions consacrées aux dernières avancées dans les applications de l'IA et à la reconfiguration des métiers et du marché du travail.