Sénégal: Au complexe Tour de l'OEuf, des collégiens découvrent le breaking et les fondamentaux du basket

Dakar — En marge des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le complexe Tour de l'OEuf a accueilli vendredi une activité d'initiation gratuite au breaking et au basketball, destinée à des élèves de collèges de Dakar. Entre découverte de nouvelles disciplines, apprentissage des gestes techniques et partage d'expériences avec d'anciens sportifs, cette initiative entend transmettre aux jeunes les valeurs du sport et de l'olympisme.

Du breaking, un art à partager et une discipline à découvrir

À quelques pas du terrain où se déroulent les rencontres du tournoi de baseball 5 des JOJ Dakar 2026, des adolescents s'essaient à des mouvements parfois impressionnants.

Au sol, debout ou en rotation, ils découvrent les premiers gestes du breaking sous le regard attentif de Mor Bey, alias B-Boy Rum, artiste danseur et B-Boy athlète venu de Louga au nord du pays.

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Pour ces collégiens, l'exercice est une occasion de s'initier à une discipline qu'ils ne pratiquent pas forcément au quotidien.

Le danseur, lui, prend plaisir à transmettre son savoir-faire, convaincu que le breaking doit être accessible au plus grand nombre.

"Le breaking, il faut le partager. C'est un art vivant. Beaucoup peuvent le faire ici au Sénégal ", explique-t-il, rappelant que cette discipline compte de nombreux pratiquants dans le pays.

Apparu aux États-Unis dans les années 1970, le breaking s'est progressivement développé au Sénégal, où plusieurs danseurs le pratiquent aujourd'hui.

Deux athlètes sénégalais, Papis et Suzanne, représentent notamment le pays dans cette discipline, qui figure au programme des JOJ Dakar 2026.

Au cours de cette séance, B-Boy Rum présente aux jeunes quelques-unes des principales techniques du breaking.

Le toprock, qui regroupe les mouvements exécutés debout, le footwork, consacré au travail des pieds et aux déplacements au sol, ainsi que les powermoves, qui désignent les mouvements acrobatiques et puissants comme le "coupole", le Thomas et le "airflare".

Pour lui, devenir un bon breaker demande avant tout de la persévérance, de la technique et une bonne condition physique.

" Il faut travailler, côtoyer tes mentors, aller là où il faut. Il faut commencer par les bases. Tu ne peux pas venir directement", conseille-t-il.

Le danseur souligne également les possibilités professionnelles offertes par cette discipline.

Des breakers sénégalais voyagent à travers le monde grâce à leur art, une perspective qui, selon lui, doit encourager les jeunes à croire en leurs capacités.

"Le secret, c'est le travail", insiste le jeune du Louga.

Il cite aussi l'accompagnement de structures comme Kaifech et les compagnies de danse présentes dans les différentes régions du Sénégal, qui organisent des festivals et contribuent à regrouper les danseurs, notamment les jeunes intéressés par le breaking.

Au-delà de la performance, B-Boy Rum évoque le plaisir, la solidarité et le partage qui caractérisent cette communauté.

Les battles, l'énergie des danseurs et les liens entre pratiquants font, selon lui, toute la richesse de cette discipline.

Il appelle ainsi les Sénégalais à davantage respecter les breakers, rappelant les efforts quotidiens nécessaires à leur pratique.

Le basketball, des fondamentaux pour construire les futurs champions

Un peu plus loin, sur un autre espace aménagé pour l'activité, les élèves s'initient aux fondamentaux du basketball sous la conduite de Tenning Sabel Diatta, ancienne internationale et coach de basketball.

Pour cette technicienne, l'apprentissage du sport commence nécessairement par la maîtrise des gestes élémentaires.

"Pour apprendre le sport, c'est fondamental d'enseigner les bases. Dans toute chose, il faut apprendre les bases et les maîtriser", explique-t-elle.

Sa démarche est nourrie par son parcours de joueuse et par la volonté de transmettre ce qu'elle a elle-même appris auprès de ses mentors et de ses entraîneurs.

Devenue coach, elle entend poursuivre cette chaîne de transmission en mettant son expérience au service de la nouvelle génération.

Durant les séances, les jeunes travaillent notamment le drible de la main droite et de la main gauche, les passes à hauteur de poitrine ainsi que les passes à rebond, également appelées passes à terre.

Les exercices sont organisés sous forme de rotations de sept minutes, permettant aux participants de découvrir et de pratiquer différents gestes techniques.

Au-delà de l'apprentissage du basketball, Tenning Sabel Diatta voit dans cette initiative un moyen d'encourager les jeunes à s'intéresser au sport, à développer leur potentiel et à préserver leur santé physique et mentale.

Elle les invite à croire en leurs capacités, à donner le meilleur d'eux-mêmes et à poursuivre leurs efforts afin que le Sénégal puisse décrocher des médailles dans les compétitions sportives.

Le plaisir de découvrir et l'esprit olympique en héritage

Dans cet espace de découverte et de convivialité, les élèves semblent apprécier l'expérience.

À 16 ans, Aliou Tounkara, élève à l'établissement Abdoulaye Diop de Grand Dakar, ne cache pas sa satisfaction après avoir pris part aux différentes activités.

"On s'est bien amusés. Il y a de bons sports comme le basketball et le breaking. C'est grave ! C'est incroyable", confie-t-il, visiblement enthousiasmé par cette expérience.

Le jeune collégien dit avoir été agréablement surpris par l'organisation de l'activité. "C'est joli, je ne pensais pas que ça allait être comme ça", reconnaît-il.

Informé de l'initiative par son proviseur, qui lui avait transmis une invitation, il a ainsi pu prendre part à cette journée de découverte.

Même s'il ne sait pas encore s'il pourra revenir pendant toute la durée de la compétition, son passage au complexe Tour de l'OEuf lui laisse une impression positive.

À travers ces initiations gratuites, les JOJ Dakar 2026 ne se limitent pas aux confrontations sportives et à la quête de médailles.

Ils offrent également aux jeunes l'occasion de découvrir de nouvelles disciplines, de rencontrer des professionnels et de s'imprégner des valeurs de l'olympisme : le respect, l'amitié, l'excellence, le partage et le dépassement de soi.

Du breaking au basketball, ces moments de transmission rappellent que l'héritage des Jeux se construit aussi en dehors des terrains de compétition, auprès des jeunes générations qui pourraient demain devenir les sportifs et les acteurs du mouvement olympique sénégalais.

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