Tunisie: Testour - La grenade fait son festival et réveille les saveurs du terroir

31 Octobre 2026

Jus fraîchement pressé, confitures, mélasse, spécialités artisanales, musique et découvertes patrimoniales : la 10e édition du Festival de la grenade transforme Testour, du 27 octobre au 1er novembre 2026, en un rendez-vous gourmand et festif. Au-delà du fruit emblématique de la région de Béja, cette manifestation célèbre tout un art de vivre et met en lumière les richesses agricoles, culinaires et culturelles de cette ville au patrimoine arabo-andalou singulier.

À Testour, l'automne a le goût de la grenade. Rouge, généreux et délicieusement acidulé, le fruit vedette de la région attire les visiteurs et donne le ton d'une manifestation devenue, au fil des éditions, un rendez-vous attendu par les amateurs de produits du terroir. Depuis le 27 octobre, la ville vit au rythme de la 10e édition de son Festival de la grenade, qui se poursuivra jusqu'au dimanche 1er novembre, avec une journée de clôture annoncée comme l'un des moments forts de cette édition.

En ce jeudi 29 octobre, les allées de la foire accueillent déjà un public curieux, venu découvrir les produits exposés, remplir ses paniers ou simplement profiter de l'ambiance. Les stands rivalisent de couleurs, de parfums et de spécialités. Ici, la grenade se déguste fraîche ; là, elle se transforme en jus, en confiture, en glace ou en mélasse. Une manière de rappeler que derrière ce fruit de saison se cache tout un savoir-faire, capable de multiplier les plaisirs et de prolonger les saveurs bien au-delà de la récolte.

La grenade dans tous ses états

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Impossible de parcourir la foire sans s'arrêter devant les stands consacrés aux produits dérivés de la grenade. Les producteurs proposent des fruits frais, notamment ceux bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée (AOC), ainsi que des jus préparés pour les visiteurs. Les confitures et la mélasse de grenade, connues sous le nom de «dibs», occupent également une place de choix, aux côtés d'autres préparations artisanales.

Les prix permettent de se faire plaisir sans nécessairement repartir avec une cagette entière. Le verre de jus de grenade se vend autour de deux dinars, tandis que le litre est proposé à dix dinars. Les amateurs de douceurs peuvent, quant à eux, découvrir une glace à la grenade, affichée à trois dinars le gobelet de 100 grammes. La gelée et les confitures complètent cette palette gourmande, avec des produits qui invitent à redécouvrir le fruit sous des formes parfois moins connues.

Derrière ces transformations, il y a un enjeu économique évident. Valoriser la grenade, ce n'est pas seulement vendre un fruit frais pendant quelques semaines. C'est aussi développer des produits à plus forte valeur ajoutée, diversifier les débouchés et faire connaître le travail des producteurs et des artisans. Le festival offre ainsi une vitrine aux spécialités locales et une occasion de rapprocher directement ceux qui produisent de ceux qui consomment.

Une foire qui dépasse largement le fruit vedette

Si la grenade constitue le coeur de la manifestation, elle n'est pas seule à attirer les regards. La foire fait aussi la part belle aux spécialités culinaires et artisanales qui participent à l'identité de Testour. Les visiteurs retrouvent notamment le hrous, le zrir, des pâtisseries d'inspiration andalouse, des fromages, de la bsissa et plusieurs variétés de pains traditionnels.

Les étals de mlawi, de fteta et de ftayers, sucrés ou salés, apportent une dimension populaire à cette promenade gourmande. À côté des produits alimentaires, d'autres exposants proposent des articles de décoration, des objets cadeaux et des produits ménagers. Cette diversité élargit le public de la foire et permet à différents artisans et commerçants de profiter de l'affluence.

L'essentiel reste toutefois de préserver l'identité de l'événement. Le salon officiel réunit quelque 250 exposants, dont la vocation est de mettre en avant la grenade, ses dérivés et les spécialités locales. La présence de stands proposant des produits plus diversifiés témoigne de l'attractivité commerciale de la manifestation, sans pour autant effacer sa raison d'être : célébrer un fruit étroitement associé à l'image de Testour.

Autre curiosité repérée aux abords de la foire, le jus de canne à sucre, vendu cinq dinars la boisson. Cette offre relève davantage des vendeurs indépendants que du programme officiel du festival. Elle illustre néanmoins la manière dont les grands rendez-vous populaires attirent, autour de leur espace principal, des commerces et des rafraîchissements qui contribuent à l'animation des rues.

Testour, une histoire à découvrir entre deux dégustations

Réduire le festival à une succession de dégustations serait passer à côté d'une autre richesse de Testour : son patrimoine. La ville porte l'empreinte de son histoire arabo-andalouse, visible dans son architecture, ses traditions et sa vie culturelle. La Grande Mosquée de Testour demeure l'un des symboles les plus remarquables de cet héritage. Son horloge inversée, dont les aiguilles tournent dans le sens opposé à celui des horloges habituelles, intrigue les visiteurs et nourrit la singularité de la cité. Cette curiosité architecturale rappelle que Testour possède une identité qui dépasse largement ses productions agricoles.

Autre lieu d'intérêt, le musée consacré à Habiba née Marguerite Msika permet de se pencher sur le parcours de cette artiste juive tunisienne, figure marquante de la scène culturelle du début du XXe siècle, «lâchement assassinée» en 1930. Le film de Salma Baccar, «la Danse du feu» revient sur son parcours. Cette halte patrimoniale offre une occasion de découvrir une page de l'histoire artistique tunisienne et de mieux comprendre la diversité culturelle qui a marqué la région.

Le festival devient ainsi un point de départ pour une découverte plus large de la ville. On vient pour la grenade, mais on peut aussi prolonger la visite par une promenade, une découverte architecturale ou une halte dans les lieux de mémoire.

Une ambiance festive appelée à monter en puissance

La programmation culturelle contribue également à l'attrait de cette édition. Concerts de malouf tunisien, animations et démonstrations culinaires, notamment autour du showcooking, sont annoncés pour accompagner les visiteurs tout au long de la manifestation. La musique et les découvertes gastronomiques se complètent pour créer une atmosphère chaleureuse, où les familles peuvent flâner, goûter, écouter et échanger.

Les promenades en calèche figurent parmi les attractions appréciées. Proposées autour de cinq dinars par personne, elles permettent de découvrir les environs à un rythme tranquille, entre les espaces de la foire et les secteurs alentour, notamment en direction de Slouguia. Une manière de prolonger l'expérience au-delà des stands et de profiter autrement des paysages de la région.

À mesure que s'approche le week-end, l'affluence devrait gagner en intensité, avec un point culminant attendu le dimanche 1er novembre. Cette perspective représente une opportunité pour les exposants, qui comptent sur la fréquentation pour faire connaître leurs produits et développer leurs ventes.

Jusqu'à dimanche, Testour invite donc les visiteurs à une expérience qui se savoure autant qu'elle se découvre. Dans les allées, un verre de jus à la main, au détour d'un étal de confitures ou devant les curiosités architecturales de la ville, la grenade rappelle qu'un fruit peut porter toute une histoire. Et qu'à Testour, cette histoire se raconte avec générosité, au rythme des rencontres, des saveurs et des traditions.

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