L'ONG Justicia Asbl affirme ce lundi 2 novembre qu'environ 5 000 militaires et policiers sont encore présents sur plusieurs sites miniers des provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, malgré l'interdiction annoncée en juillet dernier par le Président de la République. L'organisation estime que cette situation favorise des violations des droits humains et compromet la gouvernance du secteur minier.
Cette dénonciation fait suite à des enquêtes menées par Justicia Asbl sur plusieurs sites miniers, notamment à Menda, Mupampala, Kyona 2, Kipense, Sokoroshi et Kakanda Nord.
Selon l'organisation, des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) continuent d'y être déployés, alors que les autorités avaient ordonné leur retrait des zones d'exploitation minière.
Une présence jugée contraire aux instructions présidentielles
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Le président de Justicia Asbl, Timothée Mbuya, affirme que les effectifs recensés comprennent notamment des éléments de la Garde républicaine, de la 22e région militaire, de l'auditorat militaire ainsi que plusieurs unités de la police.
Selon lui, cette présence ne répond pas toujours à un besoin de sécurisation exprimé par les entreprises minières.
L'organisation soutient que certains agents en uniforme s'impliqueraient directement ou indirectement dans des activités d'exploitation minière au profit de structures privées ou de personnes politiquement exposées.
Des inquiétudes sur les droits humains
Justicia Asbl estime que le maintien de militaires et policiers sur les sites miniers soulève de sérieuses préoccupations en matière de droits humains et de gouvernance des ressources naturelles.
Pour Timothée Mbuya, la poursuite de ces pratiques risque de ternir l'image des minerais congolais sur les marchés internationaux.
« À force de laisser les militaires et les policiers non éligibles sur les sites miniers, les cuivres et les cobalts congolais ont tendance à devenir des minerais produits sur fond de violations des droits humains », a-t-il déclaré.
Appel au respect des mesures gouvernementales
L'ONG appelle les autorités compétentes à faire appliquer les décisions ordonnant le retrait des personnels de sécurité des sites miniers et à renforcer la transparence dans la gestion du secteur extractif.
Elle estime que le respect de cette mesure contribuerait à améliorer la gouvernance minière, à réduire les risques d'abus et à promouvoir une exploitation des ressources conforme aux normes nationales et internationales.