La République centrafricaine se souvient ce 3 novembre des trente ans de la disparition de Jean-Bedel Bokassa. Trente ans après sa mort, la figure de l'ancien président, devenu empereur en 1977, continue de susciter la polémique dans le pays. Pour certains Centrafricains, Bokassa reste un bâtisseur, un dirigeant ambitieux et un pionnier du développement national. Pour d'autres, son règne demeure indissociable de la répression, des violences et des atteintes aux droits humains qui l'ont marqué. Au-delà des controverses, ce trentième anniversaire invite à regarder cette page de l'histoire avec lucidité et à s'interroger sur les leçons du passé.
Un groupe de jeunes écoute un discours de l'empereur Bokassa dans la concession d'une maison inachevée. Malgré quelques gouttelettes de pluie, un arc-en-ciel traverse le ciel de Berengo et rassure Jonathan : il ne devrait pas pleuvoir. Le groupe a encore le temps d'échanger sur Jean-Bedel Bokassa, qu'ils considèrent comme un modèle.
« Bokassa est un bâtisseur incontournable. Je retiens son ambition de moderniser le pays, de renforcer l'autorité de l'État et de promouvoir des projets d'infrastructures et de développement, explique Jonathan. Je vois en lui un dirigeant déterminé, attaché à la souveraineté nationale et soucieux de donner à son pays une place plus importante sur la scène internationale. »
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Dérives autoritaires et divisions
Mais cet héritage ne peut être évoqué sans rappeler les dérives autoritaires et les violences commises sous son régime. Nathanaëlle, l'une des jeunes du groupe, porte un regard plus critique sur le règne de Jean-Bedel Bokassa.
« Bokassa a laissé un certain héritage, mais je condamne fermement ses méthodes de gouvernement fondées sur la violence et la dictature, rappelle-t-elle. Son régime a été marqué par des emprisonnements, des assassinats arbitraires et des abus de pouvoir. Il a également dépensé des millions de francs de l'État pour son couronnement, dans une démonstration de grandeur. Son règne a aussi provoqué de profondes divisions. »
Décédé le 3 novembre 1996, Jean-Bedel Bokassa repose ici, à Berengo, dans son ancien palais impérial, aujourd'hui transformé en camp d'entraînement militaire.