Le site des personnes déplacées de l'ISP, situé dans le quartier Muzipela à Bunia, traverse une grave crise d'approvisionnement en eau potable. Avec une population estimée à près de 16 000 personnes, le camp ne dispose que d'une seule source d'eau, insuffisante pour couvrir les besoins des milliers de ménages qui y vivent. Les déplacés redoutent les conséquences sanitaires de cette situation et sollicitent une intervention urgente des partenaires humanitaires.
Sur le site, les files d'attente se multiplient autour de l'unique point d'eau. Les déplacés indiquent que les quatre robinets installés ne fournissent plus d'eau de manière régulière. Même lorsque l'approvisionnement reprend, les quantités disponibles restent largement en deçà des besoins des quelque 3 500 ménages hébergés dans le camp.
Selon Olivier Bavi Karba, président de l'Association des personnes déplacées en Ituri, cette pénurie compromet sérieusement le respect des mesures d'hygiène et de prévention contre la maladie à virus Ebola, dans une province où la vigilance sanitaire demeure de mise.
La situation est aggravée par l'état de délabrement avancé du réseau de distribution d'eau. Le système de tuyauterie desservant les 39 blocs du site est aujourd'hui presque entièrement hors service.
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Faute d'alternative, certains ménages achètent de l'eau dans les puits des quartiers voisins, tandis que d'autres se rabattent sur les eaux de la rivière Ngezi, malgré les risques sanitaires liés à leur consommation.
Face à cette situation préoccupante, Asimwe Kiza, secrétaire du comité des déplacés du site de l'ISP, appelle les organisations humanitaires à renforcer rapidement les capacités d'approvisionnement en eau afin de prévenir la propagation des maladies.
Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en mai dernier, le site a déjà enregistré une dizaine de cas confirmés ainsi qu'une vingtaine de cas suspects, selon les responsables locaux.