Après avoir découvert le skateboard en regardant des pratiquants près de chez lui à Soweto, Botho Losaba, 17 ans, s'apprête à représenter l'Afrique du Sud aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026. Il espère que son parcours encouragera d'autres jeunes à croire en eux.
Tout a commencé près de chez lui, à Soweto, où il regardait des skateurs s'entraîner. Des vidéos sur TikTok et d'autres réseaux sociaux ont nourri son intérêt. Son père, Butike Losaba, lui a acheté sa première planche.
Le déclic est survenu lorsqu'il a réussi son premier kickflip, une figure dans laquelle la planche effectue une rotation sur elle-même sous les pieds du skateur. Ce moment lui a permis de mesurer ses progrès et lui a donné envie d'aller plus loin.
« J'ai commencé à voir que je progressais », raconte-t-il. « Je voulais m'améliorer. »
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Pour Losaba, le skateboard ne se résume toutefois pas à apprendre des figures. Il lui procure un sentiment de liberté qu'il peine à trouver ailleurs.
« Quand je fais du skate, je suis heureux et je me sens libre. Je me sens moi-même », explique-t-il.
Sa détermination s'est affirmée sous la conduite de son entraîneuse, Sharne Jacobs, qui l'accompagne depuis près de trois ans. Elle l'a vu passer d'un jeune garçon qui cherchait encore sa voie à un athlète qui ambitionne de devenir professionnel.
« Ce qui m'a frappée, c'est le naturel avec lequel il fait du skate. Avec lui, les figures semblent faciles, et il en apprend de nouvelles très rapidement », souligne Jacobs.
Selon sa mère, Diane Modise, il n'y a pas de skatepark près de chez eux. Losaba se rend dans un parc situé dans un autre quartier, à environ 45 minutes de trajet, pour s'entraîner après l'école.
Il doit également concilier le skateboard avec sa scolarité en dixième année (Grade 10) du cursus sud-africain. En semaine, il s'entraîne généralement entre une heure et une heure et demie, et prolonge ses séances jusqu'à environ quatre heures le week-end.
Pour Modise, le skateboard est devenu bien plus qu'un sport pour son fils réservé.
« Botho est un enfant qui parle peu. Il est très timide », confie-t-elle. Elle se souvient de ce qu'il lui a dit à propos de ce qu'il ressent sur sa planche : « Maman, si tu savais le soulagement, la paix que je ressens quand je fais du skate. »
Le regarder apprendre, au début, était difficile : « En tant que mère, le voir tomber sans cesse, essayer d'y arriver, puis tomber encore… Je ne connaissais rien au skate. Mais c'était amusant. C'était chouette de le voir commencer à s'entraîner. »
En mars 2026, Losaba s'est rendu au Brésil pour les Championnats du monde de skateboard WST à São Paulo, où il a participé afin de gagner des points au classement en vue de sa qualification pour les Jeux olympiques de la jeunesse. Dakar sera sa deuxième compétition internationale.
Les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026, ouverts le 31 octobre, se poursuivent jusqu'au 13 novembre. Le 4 novembre, Losaba doit représenter l'Afrique du Sud en skateboard. Il s'agit du premier événement sportif olympique organisé sur le sol africain.
Pour Jacobs, la qualification de Losaba aux Jeux olympiques de la jeunesse dépasse la réussite d'un seul athlète.
« Pour les enfants de Soweto, voir quelqu'un de leur propre communauté accéder à une scène aussi importante que les Jeux olympiques de la jeunesse leur montre que c'est aussi possible pour eux », explique-t-elle. « L'endroit d'où l'on vient ne doit pas déterminer jusqu'où l'on peut aller. »
Losaba comprend la responsabilité que représente le fait de porter les couleurs de son pays. Il raconte avoir eu du mal à croire à sa sélection dans un premier temps.
« Il y a beaucoup de bons skateurs en Afrique du Sud, et je n'arrive pas à croire qu'on m'ait choisi pour représenter le pays. »
Il espère réaliser une belle performance à Dakar, mais ses ambitions vont au-delà de cette compétition.
« Je veux vraiment que le skateboard m'emmène loin, et je veux inspirer les jeunes qui ne croient pas en eux », affirme-t-il.
Il pense déjà à l'après-Dakar, avec l'objectif de devenir champion du monde.
« Je sais qu'un jour, je serai champion du monde », dit-il. « Même si ce n'est pas à Dakar, je vais faire de mon mieux et continuer à m'entraîner dur. Je vais y arriver, j'y crois. »