À l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l'organisation Journaliste en danger (JED) met en garde contre la détérioration de l'environnement médiatique en République démocratique du Congo. Dans son rapport annuel publié le 2 novembre, elle dénonce à la fois les menaces visant les professionnels des médias et les obstacles à l'accès à une information fiable.
Intitulé « Rumeurs, légendes et complotisme sur Ebola : les médias sous pression face au virus de la désinformation », le rapport examine les difficultés rencontrées par les médias dans la couverture des crises sanitaires et dans la lutte contre la propagation des fausses informations.
Selon JED, les journalistes évoluent dans un contexte marqué par la multiplication des rumeurs, la méfiance d'une partie de la population ainsi que les attaques visant certaines structures sanitaires. Malgré ces contraintes, l'organisation salue les efforts des professionnels des médias engagés dans la vérification des faits et la production d'informations fiables.
Des journalistes confrontés à des menaces persistantes
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Sur le plan sécuritaire, JED rapporte plusieurs cas de menaces, de pressions économiques et d'agressions contre des journalistes. Les incidents signalés notamment à Mwenga et à Kalemie témoignent, selon l'organisation, de la vulnérabilité persistante des professionnels des médias dans certaines régions du pays.
Face à cette situation, l'ONG recommande l'instauration d'un mécanisme national de protection des journalistes et réclame l'ouverture d'enquêtes sur les violences dont ils sont victimes.
JED plaide également pour un meilleur accès aux données publiques et pour la mise en place d'un soutien économique transparent aux médias locaux, dans le but de renforcer leur indépendance et leur capacité à lutter contre la désinformation.
Un appel à la mobilisation contre les discours de haine
En marge de cette commémoration, des journalistes, jeunes, créateurs de contenus et influenceurs ont appelé à une mobilisation collective contre la désinformation et les discours de haine.
Réunis lors d'un forum organisé par Youth Action for Development and Peace et l'Amnesty International Club de Kinshasa, avec l'appui de la MONUSCO, les participants ont souligné la nécessité pour les médias et la jeunesse de contribuer activement à la promotion d'une information responsable et à la prévention des violences contre les journalistes.