Près de sept entreprises sur dix dans le monde estiment que les initiatives en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la diversité ont contribué à améliorer leurs résultats, selon un nouveau rapport par l'Organisation internationale du Travail (OIT), présenté mardi à Genève.
Cette proportion a progressé de 11,1 points de pourcentage par rapport à 2018, confirmant les bénéfices économiques croissants des politiques d'égalité au sein des entreprises, souligne l'organisation dans son rapport intitulé "Femmes d'affaires et femmes cadres : Amplifier les réussites".
Parmi les entreprises ayant enregistré une augmentation de leurs bénéfices grâce aux initiatives visant à promouvoir les femmes aux postes de direction, 87,4% ont déclaré des gains d'au moins 5%.
La représentation féminine aux plus hautes fonctions de responsabilité a également progressé au cours de la dernière décennie : la proportion d'entreprises dont le conseil d'administration est présidé par une femme est passée de 13,1% en 2013 à 30,9% en 2025, tandis que celle des entreprises dirigées par une femme au poste de directrice générale a augmenté de 23,4% à 28,2% sur la même période.
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Ces avancées restent toutefois insuffisantes, les femmes n'occupant encore que 30% des postes d'encadrement dans le monde, souligne-t-on.
Les progrès demeurent par ailleurs inégaux selon les niveaux hiérarchiques, avec une amélioration dans la direction supérieure et la haute direction, mais une dégradation dans l'encadrement intermédiaire et inférieur.
L'OIT relève également un décalage préoccupant entre les engagements affichés et leur concrétisation : si 74,8% des entreprises déclaraient disposer en 2025 d'une politique d'égalité entre les femmes et les hommes et de diversité, ou d'un dispositif équivalent, la proportion de celles mettant effectivement en oeuvre des initiatives dans ce domaine a chuté de 37,4% en 2018 à 26,5% en 2025.
Ce recul touche notamment des mesures jugées efficaces par les entreprises elles-mêmes, comme les congés de maternité, les dispositifs de soutien à la maternité et les initiatives en faveur de l'égalité salariale.
Pour le directeur général de l'OIT, Gilbert F. Houngbo, l'égalité entre les femmes et les hommes constitue non seulement un droit fondamental, mais également un moteur de développement durable des entreprises et de croissance économique.
L'organisation appelle ainsi à renforcer les possibilités de promotion des femmes aux postes de direction, à développer les indicateurs de genre et les objectifs volontaires, ainsi qu'à améliorer leur accès aux fonctions et secteurs où elles restent sous-représentées.
Elle souligne également la nécessité de s'attaquer aux obstacles structurels, notamment la répartition inégale des responsabilités familiales et des tâches de soins, la ségrégation professionnelle et la persistance de normes sociales.
Ces conclusions reposent notamment sur une enquête mondiale menée en 2025 auprès de 11.957 entreprises dans 99 pays, complétée par des enquêtes antérieures, des données sur le marché du travail et des études de cas.