Congo-Kinshasa: Dans le cadre de la deuxième phase du PDL-145T, Zéro tarif douanier - Le Gouvernement appelé à accélérer la construction des routes de desserte agricole !

Le désenclavement des bassins de production agricole ne peut plus attendre. Alors que la Chine ouvre davantage son marché aux produits africains à travers des facilités douanières, la République démocratique du Congo doit accélérer la réhabilitation de ses routes de desserte agricole pour transformer son potentiel agricole en véritable richesse économique. Le Gouvernement est ainsi appelé à faire de cette infrastructure une priorité opérationnelle du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T).

La RDC possède des terres arables à perte de vue, des ressources hydriques considérables et un potentiel agricole susceptible de nourrir non seulement sa population, mais également de conquérir des marchés extérieurs. Pourtant, un paradoxe persiste : dans plusieurs territoires du pays, les produits agricoles pourrissent dans les bassins de production, faute de routes praticables pour les acheminer vers les centres de consommation. Une situation qui interpelle directement les pouvoirs publics et remet au premier plan l'urgence du désenclavement rural.

C'est précisément dans cette perspective que la réhabilitation des routes de desserte agricole, inscrite dans le deuxième volet du PDL-145T, mérite une attention particulière. Lundi 2 novembre, au Fleuve Congo Hôtel, le Comité opérationnel national (CONA) de ce programme s'est réuni sous la présidence du Ministre d'État au Plan et à la Coordination de l'aide au développement, Guylain Nyembo Mbwizya. Cette septième réunion a notamment connu la participation des représentants des agences d'exécution, dont le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Bureau central de coordination (BCECO) et la Cellule d'exécution des financements en faveur des États fragiles (CFEF).

Au coeur des échanges figuraient notamment l'état d'avancement des ouvrages, le financement du deuxième volet et la réhabilitation des routes de desserte agricole, avec une priorisation de 3 765,93 kilomètres d'axes routiers. Un chantier considérable qui appelle désormais des décisions concrètes, une mobilisation conséquente des ressources et surtout une accélération du rythme d'exécution.

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Il faut le rappeler : construire des écoles, des centres de santé et des bâtiments administratifs est indispensable au développement des territoires. Mais ces infrastructures ne sauraient produire tous les effets attendus si les populations restent confrontées à l'enclavement et aux difficultés de déplacement. Le développement territorial ne se limite pas à la construction des ouvrages. Il suppose également de relier les communautés, les espaces de production et les centres économiques.

L'amélioration des voiries et la construction des routes de desserte agricole permettraient ainsi à la RDC de disposer de véritables moyens d'acheminement rapide des produits agricoles du Congo profond vers les cités et les grandes agglomérations. Manioc, maïs, riz, haricots, huile de palme, fruits et autres produits vivriers pourraient rejoindre les marchés dans de meilleures conditions, avec une réduction sensible des coûts de transport et des pertes post-récolte.

Au-delà de l'approvisionnement des villes, l'enjeu est également économique et social. Des routes praticables favoriseraient l'écoulement des récoltes, stimuleraient les activités commerciales, amélioreraient les revenus des producteurs et encourageraient les investissements dans les filières agricoles. En d'autres termes, désenclaver les territoires, c'est aussi donner aux paysans congolais les moyens de vivre dignement de leur travail.

Une fenêtre commerciale à ne pas manquer

L'urgence devient d'autant plus évidente que la Chine a mis en œuvre, depuis le 1er mai 2026, une politique d'exonération douanière couvrant les importations en provenance des 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. La RDC, qui figure parmi les pays africains les moins avancés, bénéficiait déjà, depuis décembre 2024, de cette ouverture commerciale sur l'ensemble des lignes tarifaires.

Une opportunité supplémentaire pour les producteurs et exportateurs congolais, sous réserve du respect des exigences d'origine, de qualité et de contrôle sanitaire. Encore faut-il être en mesure d'en tirer profit ! Car les facilités douanières, aussi avantageuses soient-elles, ne suffisent pas à elles seules à rendre les produits congolais compétitifs sur les marchés internationaux. Il faut pouvoir produire en quantité, conserver les récoltes, respecter les normes de qualité et surtout acheminer les marchandises dans des délais raisonnables.

C'est ici que la question des infrastructures routières prend toute son importance. Comment envisager l'exportation compétitive des produits agricoles congolais lorsque certaines zones de production demeurent difficilement accessibles ? Comment attirer les investisseurs dans l'agro-industrie si le transport des matières premières constitue déjà un obstacle majeur ?

La suppression des droits de douane à destination ne compensera jamais les surcoûts provoqués par des routes dégradées ou inexistantes. La RDC doit donc comprendre que l'ouverture du marché chinois constitue une occasion à préparer dès maintenant. Les routes de desserte agricole représentent, à cet égard, un maillon essentiel entre la production locale, la transformation industrielle et le commerce international.

Des résolutions aux réalisations concrètes

À l'issue de la réunion de lundi, Guylain Nyembo a insisté sur la nécessité de renforcer le travail entre les agences d'exécution et le Comité technique de suivi du programme afin de disposer de données détaillées sur l'évolution des projets. Une démarche nécessaire pour améliorer le suivi et répondre aux préoccupations soulevées autour de l'exécution du PDL-145T. Toutefois, le moment est venu de dépasser le stade des évaluations et des engagements. Le Gouvernement doit accélérer la mobilisation des financements, clarifier le calendrier d'exécution des travaux et veiller au respect des obligations contractuelles par les agences et entreprises concernées.

La priorisation des 3 765,93 kilomètres d'axes routiers annoncée lors du CONA doit se traduire par des chantiers visibles sur le terrain. Il importe également de prévoir un entretien régulier des routes réhabilitées, afin d'éviter que les investissements consentis ne disparaissent au premier cycle de pluies. La construction des infrastructures doit s'accompagner d'une véritable politique de maintenance, mais aussi de mécanismes permettant de connecter les bassins agricoles aux marchés, aux entrepôts et aux unités de transformation.

Le PDL-145T ne doit pas être seulement un programme de construction d'infrastructures de proximité. Il doit devenir un véritable instrument de transformation économique des 145 territoires. Et cette ambition passe nécessairement par des routes qui relient les champs aux marchés, les producteurs aux consommateurs et les territoires aux opportunités commerciales.

La Chine ouvre ses portes. À la RDC, désormais, de construire les voies qui permettront à ses produits d'y parvenir. Le Gouvernement est attendu sur le terrain : les routes de desserte agricole ne peuvent plus rester le parent pauvre du développement territorial.

 

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