Déposé dans les délais à l'Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2027 traduit les priorités de la Refondation. Les députés disposent ainsi du temps nécessaire pour examiner les choix économiques et budgétaires du gouvernement malgache.
Le projet de loi de finances initiale (PLFI) pour 2027 a été déposé auprès de l'Assemblée nationale, selon le ministère de l'Économie et des Finances. Ce document devrait être entre les mains des députés dans les prochains jours, en vue de son examen parlementaire. Pour le gouvernement, son dépôt dans les délais réglementaires traduit une volonté de renforcer le respect des procédures institutionnelles et de donner toute sa place au débat parlementaire.
Depuis l'avènement de la Refondation, les autorités entendent notamment rompre avec les pratiques susceptibles de limiter le temps consacré à l'examen des textes budgétaires. Cette démarche doit permettre aux représentants de la nation d'analyser les prévisions économiques, d'apprécier la répartition des ressources et de proposer des amendements.
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Préparé sous la conduite du ministère de l'Économie et des Finances (MEF), dirigé par le Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, le PLFI 2027 s'inscrit dans les orientations de la Politique générale de l'État pour la Refondation (PGE-R) et de son Plan de mise en oeuvre. L'enjeu consiste à concilier les ambitions de relance économique avec les capacités financières réelles de l'État, tout en répondant aux aspirations de la population.
Des priorités économiques ciblées
Le gouvernement prévoit une croissance de 5,1% en 2027, contre 4,1% estimés pour 2026. Cette perspective repose notamment sur la reprise des activités productives, le soutien aux investissements, à l'entrepreneuriat et à la création d'emplois. Le secteur énergétique figure parmi les principales priorités budgétaires, avec le redressement de la Jirama, la réduction des délestages, le renforcement des réseaux électriques et le développement des énergies renouvelables. Les infrastructures routières, l'agriculture, l'éducation et la santé occupent également une place importante dans les orientations retenues.
Le projet prévoit par ailleurs les moyens nécessaires à la préparation du référendum constitutionnel et de l'élection présidentielle envisagés en 2027. La décentralisation constitue un autre axe majeur, avec la volonté de rapprocher les ressources publiques des besoins exprimés dans les régions. Les Conférences budgétaires régionales ont ainsi contribué à identifier les priorités territoriales, dont la prise en compte devra toutefois rester compatible avec les moyens disponibles.
Des dépenses orientées vers les résultats
La préparation du budget 2027 repose également sur une exigence de discipline financière. Le MEF entend renforcer la mobilisation des recettes fiscales et douanières, lutter contre la fraude et améliorer l'efficacité des dépenses publiques. Dans un contexte de ressources limitées, la priorité sera accordée aux investissements susceptibles de produire des retombées économiques et sociales concrètes. Les recrutements dans la fonction publique seront ciblés, particulièrement dans les secteurs sociaux, la sécurité, la justice et les activités productives.
Le projet intègre également la prévention des risques climatiques, notamment ceux liés au phénomène El Niño, ainsi que les engagements financiers nécessaires au fonctionnement des services publics. Pour le gouvernement, le défi ne réside donc pas uniquement dans la mobilisation des financements, mais aussi dans leur utilisation effective. À l'Assemblée nationale, les débats devront permettre d'apprécier la cohérence de ces arbitrages et leur capacité à soutenir durablement la relance économique.