Luanda — Le directeur du Département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Zeine Zeidane, a estimé ce jeudi à Luanda que, en Afrique subsaharienne (région qui inclut l'Angola), les économies ayant adopté des objectifs d'inflation parviennent à une plus grande efficacité de leur politique monétaire.
Intervenant lors d'une conférence organisée par la Banque nationale d'Angola (BNA) sur le thème « Désinflation durable et crédibilité de la politique monétaire », Zeine Zeidane a expliqué que cette efficacité découle de l'adoption de cadres fondés sur des objectifs d'inflation, par opposition aux régimes traditionnels basés sur des objectifs monétaires.
Selon le directeur, la région a dû faire face à un environnement économique global défavorable, marqué par les répercussions de la pandémie de Covid-19, les conflits géopolitiques en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que par un durcissement des conditions financières internationales.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Zeine Zeidane a comparé les chocs d'offre survenus entre 2007 et 2008 avec le cycle 2022-2024. Il a noté que les récentes perturbations affectant les prix des denrées alimentaires (notamment les céréales) et du pétrole ont engendré des pressions inflationnistes plus persistantes, nécessitant un délai plus long pour la normalisation des marchés.
À ses yeux, ce scénario démontre que les pays ayant adopté des objectifs d'inflation ont réagi plus rapidement et plus fermement face à ces chocs, parvenant ainsi à mieux maîtriser les anticipations de prix.
M. Zeidane a souligné qu'à l'inverse, les économies fondées sur des objectifs monétaires ont connu des écarts marqués et des délais de réaction plus longs, accompagnés de dépréciations monétaires plus importantes ; autant de facteurs qui ont accru la complexité de la gestion macroéconomique pour les banques centrales.
Sur le plan budgétaire, il a souligné que, bien que l'augmentation des dépenses publiques et de la dette durant la période de crise ait réduit la marge de manoeuvre budgétaire des gouvernements pour financer des secteurs vitaux tels que l'éducation, la santé et les infrastructures, l'assainissement budgétaire a été mené de manière plus harmonieuse dans les pays qui appliquent des objectifs d'inflation.
Selon lui, les pays de l'Afrique subsaharienne doivent continuer à renforcer la stabilité macroéconomique par le biais de réformes structurelles approfondies, afin d'assurer leur résilience face aux futurs chocs mondiaux et de garantir une prospérité durable.
La conférence internationale organisée à l'occasion du 50e anniversaire de la BNA visait à susciter une réflexion sur le rôle des banques centrales dans la promotion d'une désinflation durable et de la crédibilité de la politique monétaire.