En RDC, le projet de la plateforme C64 de rencontrer l'ex-chef de l'État Joseph Kabila à Goma, dans l'est du pays, suscite une réaction du ministre de l'Intérieur. Les opposants présentent cette démarche, précédée d'une rencontre souhaitée avec le président Félix Tshisekedi, comme une préparation au dialogue national. Or, le vice-Premier ministre la conteste. Quel cadre impose Jacquemain Shabani et quelles suites envisage-t-il si les responsables de la coalition passent outre ?
Pour le vice-Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC) en charge de l'intérieur, l'objectif affiché de paix ne suffit pas à justifier ce déplacement dans l'est de la RDC.
Celui qui est aussi ministre de l'Intérieur, de la sécurité, de la décentralisation et des affaires coutumières affirme qu'aucun acteur politique ne peut rencontrer ceux qu'il qualifie d'agresseurs dans les territoires occupés, en-dehors du cadre fixé par l'État.
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Jacquemain Shabani Lukoo invoque l'article 192 du Code pénal. Le texte qu'il cite prévoit un à cinq ans de servitude pénale pour des relations entretenues, en temps de guerre, sans autorisation gouvernementale, avec les sujets ou agents d'une puissance ennemie. Le ministre estime que l'initiative annoncée relève de cette disposition. C'est la qualification qu'il défend.
Il affirme également que son administration surveille les activités des partis et documentera les faits considérés comme infractionnels.
Il annonce des sanctions et prépare une saisine des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, certains partis concernés étant représentés au Parlement.
Il ne précise toutefois ni la nature de ces sanctions ni une procédure judiciaire déjà engagée.
Pas de date annoncée pour une réunion avec le chef de l'État
Quant à la rencontre souhaitée par la C64 avec Félix Tshisekedi avant le déplacement, Jacquemain Shabani ne confirme aucun rendez-vous. Il décrit le président de la République comme ouvert, mais précise ne pas gérer son agenda.
La Coalition article 64 (C64), qui rassemble plusieurs formations d'opposition contre un changement de Constitution et la prise du pouvoir par les armes, a récemment proposé de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila en vue d'un dialogue national.
Mi-octobre, le groupe politico-militaire AFC/M23 a annoncé la création d'un nouveau mouvement l'incluant , le Front pour la refondation de la Nation (FRN), avec à sa tête l'ancien président de la RDC, Joseph Kabila (2001-2019).
Joseph Kabila, 55 ans, avait été condamné à mort par contumace fin septembre 2025 pour « trahison » et « crimes de guerre ». La justice militaire congolaise avait jugé qu'il était l'un des initiateurs de l'Alliance fleuve Congo (AFC), branche politique du groupe armé M23, qui sont désormais absorbées par le FRN.