L'accident mortel survenu sur un terrain vague à Mosque Road, Plaine-des-Papayes, mercredi, soulève des questions sur les conditions dans lesquelles les trois ouvriers étaient appelés à effectuer leurs tâches. Les victimes, toutes de nationalité bangladaise, travaillaient pour Shafick Aluminium Ltd. Elles ont été mortellement écrasées par une caisse en bois contenant 41 panneaux de verre et pesant environ 2,5 tonnes alors qu'elles se trouvaient à l'intérieur d'un conteneur maritime. Le ministère du Travail a ouvert une enquête afin d'établir si les normes de sécurité avaient été respectées. Une enquête policière est également en cours.
Les victimes ont été identifiées comme étant Mohammad Hossain Miraz, 36 ans, Hossain MD Balal, 37 ans, et Sikder Jobayed Islam, 25 ans. Les autopsies pratiquées hier ont attribué les décès à une asphyxie traumatique. Le ministre du Travail, Reza Uteem, qui s'est rendu à Plaine-des-Papayes hier, a annoncé l'ouverture d'une enquête par des officiers de son ministère. Ces derniers se sont rendus sur place afin de recueillir les premiers éléments et d'examiner les circonstances de cet accident. L'enquête devra déterminer si les travailleurs avaient reçu une formation adéquate, s'ils étaient habilités à effectuer cette tâche et si les équipements de sécurité nécessaires étaient disponibles.
Arrivés à Maurice en mai avec des permis de travail valables jusqu'en mai 2029, les trois Bangladais avaient déjà effectué ce type d'opération, selon le directeur de Shafick Aluminium Ltd, la société qui les avait recrutés. La compagnie, répertoriée auprès du ministère de l'Industrie, des PME et des coopératives sous le nom de Shafick Aluminium Ltd, exerce dans le commerce et la distribution. Son activité est décrite comme la vente de barres d'aluminium, de verrous, de charnières et de serrures de sécurité.
Témoignage de deux Népalais
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Selon les premiers éléments, dix grues devaient être déplacées d'un conteneur à un autre. Huit avaient déjà été transférées lorsque l'accident s'est produit lors de la neuvième opération. Une mauvaise manipulation de la grue serait en cause. La charge aurait provoqué la mort des trois ouvriers sur le coup.
Deux travailleurs népalais, témoins directs de la scène, sont profondément traumatisés. «Leurs témoignages seront cruciaux pour l'enquête en attendant l'intervention d'un traducteur», a souligné Reza Uteem, qui qualifie cet accident de particulièrement tragique. Le ministre affirme qu'un accompagnement sera assuré aux familles endeuillées et que les démarches nécessaires seront entreprises auprès de Shafick Aluminium Ltd concernant les compensations.
Les faits remontent à mercredi, vers 17 h 55. À la suite d'une demande d'intervention, un sergent s'est rendu sur un terrain vague à Mosque Road. Il y a rencontré le propriétaire, qui l'a conduit vers un conteneur métallique gris de 20 pieds portant l'inscription Maersk. À l'intérieur, les policiers ont découvert trois hommes coincés sous une caisse en bois mesurant huit pieds de longueur sur six pieds de largeur. Celle-ci contenait 41 panneaux de verre de six millimètres d'épaisseur, pour un poids total estimé à environ 2,5 tonnes.
Les trois travailleurs étaient côte à côte. Ils étaient tous immobiles et inconscients. Le SAMU a été dépêché sur les lieux. Après avoir examiné les trois hommes, le médecin a constaté leur décès vers 19 h 20. Les éléments de la Mauritius Fire and Rescue Service, sous la supervision du Station Officer Jaunky, ont ensuite procédé à l'extraction des corps, une opération rendue difficile par le poids de la cargaison.
Sur instruction du Dr Sunassee, Principal Medical Officer, les dépouilles ont été transférées à la morgue de l'hôpital Dr A. G. Jeetoo, en attendant les autopsies. La responsable par intérim de la division Occupational Health and Safety du ministère du Travail a été informée de l'accident.
Après le drame, le propriétaire s'est rendu à l'hôpital SSRN pour recevoir des soins. Il s'était ensuite présenté au poste de police de Plaine-des-Papayes, où il a indiqué vouloir donner sa déposition en présence de son avocat, affirmant ne pas se sentir bien. Sur instruction de la police, il a été autorisé à quitter les lieux, avec pour condition de revenir au poste de police dans la matinée de jeudi.
L'enquête de la police et celle du ministère du Travail devront désormais établir les circonstances exactes de cet accident et déterminer si des manquements aux obligations de sécurité ont contribué à la mort des trois travailleurs.