Fatick — Plusieurs habitants de la commune de Fatick (centre), interrogés par l'APS, déplorent l'absence de stratégies visant à favoriser l'appropriation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) par les populations de l'intérieur du pays, à la suite du lancement officiel de la compétition, samedi dernier, à Diamniadio, dans le département de Rufisque (ouest).
Rencontré à la gare routière, Mouhamadou Abdoulaye Sène soutient que cet évènement olympique, une première sur le continent africain, ne suscite pas d'engouement dans la région de Fatick. Pourtant, elle dispose d'importantes potentialités culturelles et touristiques que les JOJ devraient pouvoir mettre en lumière, a-t-il déploré.
"C'est vrai que toutes les activités liées aux JOJ se tiennent loin d'ici, notamment à Dakar, Saly-Portudal et Diamniadio", dit-il, soutenant qu'une bonne stratégie aurait dû être mise être en place pour aider les touristes à découvrir les facettes culturelles de la région de Fatick.
Interpellé sur l'importance que revêtent ces Jeux olympiques de la jeunesse, le sexagénaire Mbargou Ngom, conducteur de véhicule de transport interurbain, dit ne rien comprendre de cet évènement, plus préoccupé par la recherche de la dépense quotidienne, selon lui.
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De son côté, Samba Diouf, originaire d'une zone insulaire de la région, affirme que les populations locales espéraient leur implication dans les activités des JOJ, à la suite du passage de la flamme olympique, le 9 octobre dernier à Fatick.
"Malheureusement, les JOJ ne sont pas ressentis ici, alors qu'on aurait pu initier des activités pouvant contribuer à vendre la destination Sénégal, en mettant en exergue les potentialités de la région, particulièrement celles du Delta du Saloum", a-t-il regretté.
Modou Dieng, jeune conducteur de moto "Jakarta" confie que lors du passage de la flamme olympique, il a pu réaliser, en une seule après-midi, des revenus conséquents. Beaucoup de personnes s'étaient rendues au stade Massène Sène, pour assister à l'évènement, a-t-il confié.
Sous le sceau de l'anonymat, une quinquagénaire, se présentant comme un acteur touristique, regrette l'absence d'activités pouvant permettre aux populations de l'intérieur du pays de vivre l'évènement, à l'instar de celles de Saly-Portudal, Diamniadio et Dakar.
"C'est vrai que c'est la première fois que notre pays organise un évènement de cette dimension. Mais pour que tout le pays puisse profiter des retombées de ces Jeux olympiques, il fallait mettre en place des activités dans chaque région", a-t-elle déclaré.
Des élèves, rencontrés aux abords du lycée Coumba Ndoffène Diouf de Fatick, ont soutenu que "rien n'a été fait pour leur permettre de se rendre à l'une des trois localités qui abritent les activités des JOJ afin de vivre en direct les JOJ. A défaut, il fallait organiser des activités dans leur région, selon eux.
"J'avais toujours cru que des stratégies allaient être mises en place pour nous permettre d'aller assister, ne serait-ce qu'un jour, à des activités des JOJ à Saly qui est le site le proche", a déploré le lycéen Cheikh Tidiane Faye.
Sa camarade, assise sous un arbre en face du lycée, abonde dans le même sens. Elle dit ne pas comprendre que la plupart des jeunes à qui ces JOJ sont dédiés ne puissent assister à une seule activité de cet évènement.
"Puisque les organisateurs n'ont pas mis en place une stratégie pour nous impliquer, les responsables de notre région pouvaient mobiliser des bus pour aider les jeunes à prendre part à cet évènement", a-t-elle insisté.