Le gouvernement entend renforcer durablement la santé en milieu scolaire et universitaire, à travers l'adoption d'un cadre national de référence adapté aux réalités du pays. Le 5 novembre à Brazzaville, le conseiller à la population et à la participation communautaire, le Dr Urbain Lembemoko, représentant le ministre de la Santé et de la Population, a ouvert les travaux de l'atelier de revue et de finalisation de la Politique nationale de santé scolaire et universitaire (PNSSU) et de sa Stratégie nationale (SNSSU). Une initiative qui ambitionne de doter le Congo de normes et de standards opérationnels d'ici à 2030.
La santé des apprenants constitue un enjeu majeur pour l'amélioration de la qualité de l'éducation et la réussite du parcours scolaire et universitaire. Au Congo, ce secteur reste toutefois confronté à plusieurs insuffisances structurelles, notamment l'absence de normes et de textes réglementaires adaptés, la faible coordination entre les différents secteurs concernés, ainsi que le manque de lignes budgétaires spécifiquement consacrées à la santé en milieu éducatif.
À ces difficultés s'ajoutent le déficit en ressources humaines qualifiées, l'absence d'un paquet minimum de services de santé destinés aux apprenants et le manque d'indicateurs spécifiques intégrés au système d'information sanitaire DHIS2.
C'est pour répondre à ces défis que le gouvernement, avec l'appui de l'Unesco, a engagé le processus de revue et de finalisation de la Politique nationale et de la Stratégie nationale de santé scolaire et universitaire. Ces deux instruments sont appelés à constituer un cadre de référence pour harmoniser et pérenniser les interventions en faveur de la santé et du bien-être des élèves et des étudiants.
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Prenant la parole à cette occasion, la responsable nationale du programme O3 « Éducation à la santé et au bien-être », Juliette Emmanuel, a souligné la complémentarité entre les deux documents.
« La Politique nationale aura vocation à préciser la vision, les principes et les grandes orientations du pays en matière de santé scolaire et universitaire. La Stratégie nationale permettra, quant à elle, d'en décliner les axes d'intervention, les modalités de coordination, les responsabilités des acteurs, les ressources à mobiliser et les mécanismes de suivi », a-t-elle expliqué.
Pendant deux jours, les participants, issus des différents ministères sectoriels et des institutions partenaires, sont appelés à examiner les projets de politique et de stratégie nationales, à harmoniser leur contenu avec les orientations nationales et à formuler des observations susceptibles d'en renforcer la pertinence et l'efficacité.
Pour les autorités congolaises, cette démarche marque une nouvelle étape dans la consolidation des efforts entrepris en faveur de la santé en milieu éducatif. Le Dr Urbain Lembemoko a notamment rappelé que les travaux engagés s'inscrivent dans la continuité d'un processus de concertation déjà amorcé avec les différentes parties prenantes.
« Cet atelier n'est pas un point de départ, il s'inscrit dans la suite logique et rigoureuse d'un travail déjà bien engagé. Ce sont les amendements et observations formulés par les ministères sectoriels et nos partenaires sur les versions précédentes qui nous amènent aujourd'hui à consolider l'ensemble », a-t-il indiqué.
Élaborée en 2024, la Politique nationale de santé scolaire et universitaire repose sur cinq grandes orientations stratégiques : le renforcement du cadre juridique et institutionnel, l'amélioration de l'offre de services de santé, la mise en place d'un financement durable, la promotion d'un environnement scolaire sain et sécurisé, ainsi que le développement de l'information stratégique et de la recherche.
À travers la finalisation de ces deux instruments, le Congo entend ainsi poser les bases d'un dispositif national cohérent, capable de garantir un meilleur accès des apprenants aux services de santé, de promouvoir leur bien-être et de créer des conditions favorables à leur réussite scolaire et universitaire à l'horizon 2030.