Le Maroc a réaffirmé, vendredi à Vienne, son soutien au renforcement du mécanisme d'examen de l'application de la Convention des Nations Unies contre la corruption, en mettant l'accent sur l'amélioration de la qualité des examens, la transparence, l'inclusivité et la mise en oeuvre effective de l'ensemble des dispositions de la Convention.
S'exprimant à l'issue de l'adoption de l'ensemble des documents soumis à la « session extraordinaire de la Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption et des réunions connexes de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) », l'ambassadeur, représentant permanent du Maroc à Vienne, Azzeddine Farhane, a présenté ces quatre axes comme les principales considérations fondant le soutien du Royaume aux textes adoptés.
Concernant le premier axe, le diplomate a souligné que le mécanisme d'examen doit permettre aux États d'identifier leurs forces et leurs faiblesses, de mieux comprendre les obstacles à l'application de la Convention et de transformer cette connaissance en recommandations pratiques « qui soutiennent la réforme et améliorent la performance des institutions ».
M. Farhane a dans ce contexte rappelé la déclaration du Maroc au 15-ème congrès des Nations unies sur le crime et la justice pénale en septembre dernier à Abou Dhabi.
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Le deuxième axe porte sur le renforcement de la transparence, considérée comme un pilier de la redevabilité et de la consolidation de la confiance. Dans ce cadre, M. Farhane a souligné l'importance d'encourager la mise à disposition des informations et des documents relatifs aux processus d'examen, conformément aux législations nationales et dans le respect de la confidentialité des informations protégées.
S'agissant de l'inclusivité, troisième axe défendu par le Royaume, le diplomate a mis en avant la nécessité de conjuguer les efforts des institutions publiques, du secteur privé et de la société civile, dans le respect des compétences et des rôles de chaque partie ainsi que des cadres juridiques nationaux.
Cette participation doit permettre, selon M. Farhane, de rapprocher l'expertise institutionnelle de l'expérience sociétale, d'enrichir la compréhension des effets de la corruption et de renforcer la capacité des réformes à répondre aux besoins réels de la société.
Le quatrième axe concerne la mise en oeuvre effective de toutes les dispositions de la Convention. A cet égard, le diplomate a souligné l'importance du suivi des recommandations issues des examens, de l'intensification de l'assistance technique et du renforcement des capacités, en tenant compte des besoins, des priorités et des ressources propres à chaque État partie.
Il a également estimé que la portée des engagements pris doit être évaluée à travers leurs effets concrets sur la vie des populations, la protection des ressources publiques, la justice et l'égalité des chances.
Par ailleurs, M. Farhane a rappelé l'importance de la Déclaration de Marrakech sur la prévention de la corruption, adoptée en 2011, qui constitue une référence majeure pour le renforcement de la dimension préventive de la Convention.
Le Maroc, a-t-il dit, considère que la concrétisation de l'esprit de cette déclaration passe par « l'ancrage de l'intégrité dans la culture des institutions et de la société, ainsi que par le renforcement des capacités permettant de faire de la prévention une pratique durable », limitant ainsi les conditions qui permettent à la corruption de naître et de persister.
« La corruption affaiblit le sens de la justice, mine l'égalité des chances et altère la confiance du citoyen dans la capacité des institutions à préserver sa dignité et à protéger ses droits », a fait observer M. Farhane, soulignant la nécessité de préserver le caractère intergouvernemental du mécanisme d'examen, son appropriation par les États parties et sa nature coopérative et non punitive, afin de favoriser une progression fondée sur la confiance, le respect mutuel et l'apprentissage partagé.
M. Farhane a enfin réitéré la volonté du Royaume de continuer à contribuer de manière constructive à cet effort collectif, notant que « la préservation des deniers publics est une préservation des opportunités de développement » et que « la protection de la dignité humaine demeure la finalité ultime de notre action commune ».