7 Décembre 2017

Afrique: Mabingué Ngom, Directeur Régional UNFPA – « Le Sida est un obstacle majeur à la réalisation des Agendas 2063 et 2030 »

Photo: Bacary Dabo/ AllAfrica
Mabingué Ngom, Directeur Régional UNFPA

La feuille de route de l'Union africaine pour la capture du dividende démographique ainsi que l'agenda de développement de l'Organisation des Nations Unies en Afrique risquent d'être compromis vu la menace que constitue le VIH/Sida sur la population africaine, notamment sa jeunesse.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) tire la sonnette d'alarme et veut utiliser le leadership des jeunes pour stopper cette menace et décréter le temps de l'action.  

« En s'attaquant à la frange la plus active de nos populations, à savoir la jeunesse, le Sida  n'est  pas  seulement  un problème de santé publique, mais il est aussi un obstacle majeur au développement et à la capture du dividende démographique ».

C'est la conviction du Directeur Afrique de l'Ouest et du Centre du Fonds mondial pour la population (Unfpa). M. Manbingué Ngom s'adressait à des centaines de jeunes qui avaient pris d'assaut la salle des fêtes de l'hôtel Ivoire d'Abidjan qui abritait la Session satellite en marge de la 19ème Conférence internationale sur le sida et les IST en Afrique (Icasa).

En clair, selon les travaux scientifiques, cite M. Ngom, « en Afrique subsaharienne en particulier, le SIDA  est un obstacle majeur de  la Feuille de route de l'Union africaine, et à la réalisation des Agendas 2063 et 2030 de l'Union africaine et des Nations-Unies, adoptés respectivement en janvier et en septembre 2015 ».

Devant cet état de fait, l'organisation onusienne mise sur « Le leadership des jeunes dans la réponse au VIH/sida en Afrique » pour contribuer à faire bouger les lignes dans le combat  contre  le VIH/Sida.

Une option qui s'avère logique du moment que, malgré les avancées observées au cours des vingt dernières années, des défis importants restent à relever en Afrique sub-saharienne, région du monde la plus touchée par cette pandémie, avec près de 24,7 millions de personnes vivant avec le VIH, dont 2,9 millions d'enfants âgés de moins de 15 ans, soit une prévalence moyenne de 4,6 %.

« C'est dire que pour trois personnes dans le monde ayant contracté le virus, deux d'entre elles sont africaines », se désole M. Ngom.

En effet, plus 90% des personnes infectées par le virus VIH/Sida appartiennent à la frange de la  population en âge de travailler (15 à 49 ans), c'est-à-dire au groupe pivot des familles, des communautés, des entreprises, bref de nos économies.

Cet état de fait semble fouetter l'orgueil des jeunes qui, selon leur porte-parole à cette rencontre, M. Pape Arona Traoré, par ailleurs, président de l'organisation Afriyan, s'engagent à ce que les prochaines générations ne soient pas affectées par le virus du Sida.

La croissance économique, la main d'œuvre…hautement menacées

Les conséquences, ou du moins l'impact du Sida, sont plus profonds du moment qu'il se mesure de façon triviale par une réduction anticipée de 10 à 30% de la main-d'œuvre, d'ici 2020, en Afrique subsaharienne. « Il existe cependant des répercussions profondes tant au niveau  macroéconomique qu'à celui des ménages », fait remarquer M. Ngom.

Selon lui, le VIH/Sida ronge la croissance des économies par son effet direct sur la main-d'œuvre disponible et sa productivité, ainsi que la croissance économique et la mise en place de services publics.

Il ajoute que le « VIH/Sida pourrait ainsi compromettre les chances de maximiser les gains économiques relatifs au dividende démographique en Afrique subsaharienne du fait de la perte de main d'œuvre, la baisse de la productivité, la dégradation de l'épargne des ménages, et des nombreux orphelins et le développement du capital humain est ainsi mis en jeu ».

Au regard des prévalences particulièrement élevées en Afrique, il urge de prendre des actions appropriées en matière de prévention et de prise en charge médicale des personnes vivant avec la maladie, dans le respect de l'équité.

Les jeunes appelés à prendre leur place pour l'atteinte des « 90-90-90 » en 2020

Face à un tableau peu reluisant, le directeur régional de l'UNFPA invite les jeunes à prendre toute la place qui est la leur dans le plan d'accélération de la riposte au VIH/Sida en s'engageant à contribuer de façon responsable aux trois 90.

« Au moment donc où le continent tout entier va plancher sur le thème de la 19ème ICASA, « Une approche différente vers la fin du Sida » notre engagement passe par ces quelques pistes de réflexions et d'actions », estime-t-il.

A son avis, « l'atteinte des « 90-90-90 » en 2020 est à notre portée mais au prix d'une nouvelle solidarité agissante, d'abord en nous assurant de garantir que personne n'est laissée en rade  et que les plus défavorisées notamment les adolescentes, les jeunes filles et les femmes (avec un accent sur les zones rurales) sont les premières à bénéficier de cette chaîne d'union ».

Pour rappel, l'ONUSIDA et les acteurs engagés dans la lutte contre le Sida veulent qu'à l'horizon 2020 que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée.

Au plan de l'efficacité du dépistage, souligne M. Ngom, leur action ne sera efficace que si les acteurs s'engagent dans le cadre du One UN à soutenir la révision des approches de dépistage avec un accent particulier sur les communautés elles-mêmes.

Pour lui, le développement de plan conjoint apparaît ici comme un moyen sûr et efficace d'intégration des services.  Et que « Notre collaboration doit nous permettre de soutenir des plans de renforcement des capacités, à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, en insistant sur le renforcement des laboratoires, l'excellence de la chaîne d'approvisionnement et bien évidemment les ressources humaines en quantité et en qualité ».

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