31 Janvier 2018

Sénégal: Les élèves dessinent les contours de l'« Ecole du futur»

Photo: Abdourahmane Diouf
Atelier préparatoire des jeunes co-organisé avec Plan International, en prélude à la conférence de financement du partenariat mondial pour l’éducation

Des élèves issus d’une quinzaine d’établissements sénégalais et français ont donné leur vision de ce que devrait être l’« École de demain ». C’était dans le cadre du Forum des Jeunes que l’ONG Plan International a organisé ce mardi 30 janvier au lycée John Fitzgerald Kennedy de Dakar. Une rencontre tenue en prélude de la conférence internationale sur le financement de l’école.

En prélude de la conférence internationale de financement de l’éducation du Partenariat mondiale pour l’éducation (Pme), prévue le 2 février 2018 à Dakar, les jeunes ont exprimé leur vision de l’«École du futur». C’était dans le cadre du Forum des Jeunes que les gouvernements du Sénégal et de la France ont organisé avec l’appui de l’ONG Plan International, ce mardi 30 janvier au lycée J. F. Kennedy.

A travers des ateliers, ils ont planché sur « L’école du futur et le numérique », « L’école du futur sur l’art et la culture », « L’école du futur et le partenariat », « L’école du futur et la mobilité internationale ».

Pour la Directrice de l’influence et du partenariat pour Plan International en Afrique de l’Ouest et du Centre, Awa Faly Ba Mbow, avec la grande conférence du partenariat mondial qui attend la participation de sommités internationales, il ne s’agit pas uniquement de faire un appel de fonds mais de réfléchir aussi sur l’école et l’avenir de l’éducation.

D’où la pertinence du Forum des jeunes. Un après-midi riche en enseignements qui ont permis à une centaine d’écoliers de faire l’inventaire du système éducatif dans son ensemble et de soulever les failles qui grippent la machine. Une école qui, selon eux, est caractérisée par des failles, des écarts et disparités qui ne donnent pas à tous les écoliers les mêmes chances de réussite.

Sans porter de gangs et avec une allure innocente, les élèves ont indiqué la voie à suivre pour la réalisation d’une «Ecole du futur ». Un exercice qui s’impose du moment que malgré les stratégies, politiques et investissements, jusque-là consacrés dans ce secteur clé, le monde traverse une crise de l’éducation.

Les statistiques livrées par Plan International soulignent qu’à l’heure actuelle, 264 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés : six enfants sur 10 le sont mais n’atteignent pas les niveaux de compétences minimales en lecture et en mathématiques.

L’ONG considère que l’absence des ressources nationales et internationales allouées à l’éducation est principalement responsable de cette situation. Elle estime ainsi que les pays en développement doivent consacrer une plus grande part de leurs budgets à l’éducation et l’aide internationale doit également augmenter.

Des jeunes gonflés à bloc pour prendre leur destin en main

Avec une fougue de jeunesse, les écoliers du Sénégal comptent regarder les dirigeants et entres autres présupposés au financement de l’éducation, dans le blanc des yeux pour leur indiquer la voie à suivre pour réaliser un avenir radieux de l’éducation.

Après une analyse profonde et juste  sur leur vécu, ils ont fait une projection positive sur l’avenir de l’école que Plan International et le GPE sont chargés de faire parvenir aux chefs d’Etat et décideurs.

Les apprenants veulent être au cœur de la réflexion stratégique qui concerne l’éducation. Ils ne souhaitent plus être que de simples consommateurs du service éducatif mais des acteurs à part entière. Ce qui se traduit par une présence dans les gouvernements scolaires, dans les tables de prise de décision. Ils veulent orienter le cursus pour l’adapter à leurs besoins immédiats mais également se projeter sur l’avenir.

Le point qui a le plus marqué les esprits est relatif à un appel à l’égalité de genre. Les jeunes ont mis le doigt sur la disparité qui existe entre garçon et fille à l’école. Ils estiment que cela doit cesser.

Cette même disparité est dénoncée entre écoles du milieu urbain et celles rurales mais aussi entre publique et privé sur le plan de l’environnement, les conditions de travail, le curriculum destiné à tout le système éducatif.

Les élèves ont manifesté une grande volonté d’encrage culturel. Ils veulent mieux connaitre leur culture, pas de façon caricaturale ou seulement sur le plan historique, mais ils veulent avoir une maitrise sur ce qui fait la richesse de leur culture, les valeurs qui constituent son soubassement. Ils veulent que la culture africaine, à travers sa littérature, son art, puisse être mieux transposée dans l’univers de l’école.

Les écoliers ont également souhaité avoir une grande ouverture sur le monde notamment avec la possibilité d’apprendre des langues en devenir dont le mandarin, l’arabe…et pouvoir se positionner dans le monde avec l’anglais qui est déjà acquis.

A travers l’art, ils souhaitent que l’école puisse être un espace d’expression et d’affirmation de leur propre personnalité. Ils demandent un curriculum plus consistant sur l’art pour s’exprimer dans leur spécificité.

Ils ont voulu que toutes les filières scolaires puissent être valorisées ; que ce soit scientifique ou littéraire ou une orientation plutôt technique pour avoir une diversité permettant de bâtir un monde consolidé. Last but not least.

Les jeunes apprenants souhaitent avoir une école ouverte, une école connectée à travers les réseaux sociaux, à travers internet mais aussi une école connectée au monde et aux besoins de l’entreprise. Une école où l’on apprend à être autonome et entrepreneur.

Mme Mbow qui cache mal sa satisfaction vu la pertinence des suggestions faites par ces jeunes écoliers rappelle qu’à travers ce forum, Plan International a voulu s’assurer que les élèves puissent s’exprimer, partager leur point de vue par rapport à l’éducation.

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