Objectif « Zéro inondation » à Yaoundé en 2020, grâce au financement de la Banque africaine de développement

Photo: AfDB
À Yaoundé, les moyens d’évacuation des eaux des intempéries donnent fière allure à la ville, pendant que les populations traversent, désormais, la saison des pluies avec moins d’appréhension.
20 Septembre 2019
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African Development Bank (Abidjan)

Lancé en 2007, le Projet d'assainissement de Yaoundé (PADY), financé par la Banque africaine de développement, a divisé par cinq (de 15 à 3) le nombre d'inondations dans la capitale camerounaise. La deuxième phase du Projet, entamée en 2013, vise à atteindre l'objectif « zéro inondation » en 2020.

Les ouvrages sont imposants : un canal de 3,5 km sur le lit de la rivière Mfoundi ; un autre canal de drainage de 6 km en soutien ; deux chemins de halage et de traversées et quatre canaux de drainage de 8 km de long des tributaires. À Yaoundé, les moyens d'évacuation des eaux des intempéries donnent fière allure à la ville, pendant que les populations traversent, désormais, la saison des pluies avec moins d'appréhension.

« La ville de Yaoundé a connu de nombreuses inondations dans le centre-ville depuis une vingtaine d'années. Des gens ont perdu des membres de leur famille. Grâce aux infrastructures de drainage, nous avons pu observer que les inondations ont considérablement baissé en centre-ville », relève Gérard Essi Ntoumba, ingénieur au PADY.

En 2015, les habitants de Yaoundé avaient fait face à l'une des pires inondations de ces dernières années. Quatre personnes avaient péri, plusieurs autres avaient été déplacées, des habitations détruites et les maladies hydriques en hausse. Cinq ans après, ils vivent désormais en toute quiétude. Les périodes d'inondation sont maintenant un vieux souvenir dans une ville qui concentre près de 2,5 millions des 23 millions de Camerounais.

La Banque africaine de développement s'est engagée à la mise en œuvre d'une deuxième phase du Projet d'assainissement de Yaoundé (PADY 2). La première, financée à hauteur de 36 millions de dollars américains en 2011, avait permis d'aménager 20% du linéaire du cours d'eau principal (Mfoundi) et de ses quatre affluents traversant la ville de Yaoundé.

Quant à la deuxième phase, elle a été consacrée à l'aménagement du linéaire restant : canaux de drainage, construction d'une unité de dépotage et de traitement des boues de vidange domestiques.

Ces travaux ont amené les populations à s'impliquer dans l'assainissement de leur environnement pour améliorer leur cadre de vie Des groupes ont été mis en place dans les différents quartiers de Yaoundé pour des activités communautaires.

« Ici, l'eau stagnait. Cela polluait jusqu'à la rivière Mfoundi. Il y avait de la saleté, propice à la reproduction des moustiques. Mais aujourd'hui, les voies que nous avons aménagées autour du quartier, permettent la fluidité des eaux de ruissellement. Tous ceux qui empruntaient nos voies par le passé, sont heureux lorsqu'ils découvrent notre travail », se réjouit Abraham Bienvenu Ambassa, chef du quartier de Yaoundé 1er.

Bottes et casque de protection enfilés, il rejoint sa communauté, chaque fin de semaine, pour une opération « quartier propre ». « Mon rôle dans le quartier, c'est la protection de la population. Je donne le plan d'action que nous devons mener et on se met immédiatement au travail. Nous nettoyons régulièrement, avant et après les pluies. Il est important d'apprendre aux populations le nettoyage des points d'eau pour empêcher les moustiques de se reproduire », souligne-t-il.

À l'hôpital d'arrondissement d'Efoulan, un quartier de Yaoundé, la forte réduction des inondations a aussi des conséquences positives sur les consultations, selon son directeur général, Paul Eloundou Onomo.

« Il y a un an et demi, nous nous sommes rendus compte que la courbe des maladies liées à l'environnement et à la pollution atmosphérique était en train de fléchir, notamment pour le paludisme, la fièvre typhoïde et les maladies diarrhéiques concernant les enfants. Ces maladies étaient très fréquentes avant le projet PADY 2. Elles le sont encore, certes, mais pas avec la même ampleur », conclut-il.

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