Il faut sortir du statu quo pour l'atténuation des risques du changement climatique en Afrique au cours de la prochaine décennie, déclare le Programme d'accélération de l'adaptation en Afrique.

1 Août 2022
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African Development Bank (Abidjan)
communiqué de presse

Certaines parties de l'Afrique se réchauffent deux fois plus rapidement que le reste du monde, ce qui nécessite une action urgente pour relever un défi qui s'est intensifié au cours de la dernière décennie, selon les participants à un webinaire du Programme d'accélération de l'adaptation en Afrique.

Le Programme d'accélération de l'adaptation en Afrique est une initiative conjointe de la Banque africaine de développement et du Centre mondial pour l'adaptation.

Le webinaire, qui s'est tenu le 29 juin dans le cadre de la London Climate Action Week (Semaine d'action climat de Londres), a exploré les implications pour l'Afrique des sixièmes rapports d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publiés récemment. Ces rapports fournissent des évaluations actualisées des progrès réalisés au niveau mondial en matière d'adaptation au changement climatique, d'atténuation de ses effets et d'engagements connexes, et examinent les sources des émissions mondiales.

La session modérée par Josué Tanaka, professeur invité en pratique au Grantham Research Institute on Climate Change & the Environment, a débattu du rapport du groupe de travail 1, intitulé " Climate Change 2021: The Physical Science Basis " (Changements climatiques 2021 : éléments fondés sur les sciences physiques), le rapport du groupe de travail 2, " Impacts, Adaptation and Vulnerability " (Impacts, adaptation et vulnérabilité), et le rapport du groupe de travail 3, " Climate Change 2022: Mitigation of Climate Change " (Changements climatiques 2022 : atténuation des changements climatiques).

Parmi les intervenants figuraient des représentants du GIEC, ainsi qu'un panel composé de responsables des politiques, du secteur privé et du monde universitaire.

Dans son discours d'ouverture, James Kinyangi, coordinateur du Fonds spécial ClimDev-Afrique à la Banque africaine de développement, a déclaré que sur un échantillon de 30 pays africains, plus de 60 % se réchauffent plus vite que la moyenne mondiale. M. Kinyangi s'exprimait au nom du directeur par intérim du Changement climatique et de la Croissance verte de la Banque africaine de développement.

Kinyangi a déclaré : " Quelles actions transformatrices devons-nous entreprendre pour atténuer les risques liés au changement climatique ? Comment pouvons-nous nous adapter ? ", a-t-il demandé.

Le professeur Anthony Nyong, directeur régional pour l'Afrique du Centre mondial pour l'adaptation, a déclaré que pour maintenir le réchauffement climatique sous le seuil de 1,5℃, il faudrait faire les choses différemment au cours de la prochaine décennie par rapport aux dernières années.

" Même si le monde parvient à maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil, il y aura tout de même des victimes en cours de route, en particulier parmi ceux qui sont en première ligne du changement climatique ", a déclaré M. Nyong. " L'Afrique est en première ligne " a-t-il ajouté.

Conclusions des rapports du GIEC et implications pour l'Afrique

Présentant les conclusions des rapports, Aïda Diongue-Niang, autrice principale du groupe de travail 1 du GIEC, a averti que sans réduction immédiate, rapide et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre, le seuil d'augmentation climatique de 1,5℃ sera probablement franchi d'ici 2030.

" Quel que soit le niveau des émissions mondiales de gaz à effet de serre, le niveau des mers continuera de s'élever jusqu'au milieu du siècle au moins, entraînant une augmentation de la fréquence et de la gravité des inondations côtières dans les zones de faible altitude et les régions côtières ", a déclaré Mme Diongue-Niang.

Dr Edmond Totin, membre du groupe de travail II du GIEC, a déclaré qu'au cours des deux dernières décennies, environ 46 000 décès enregistrés en Afrique pourraient être liés à des catastrophes naturelles. Parmi ceux-ci, 32 % ont été causés par des inondations, tandis que 46 % étaient liés à la sécheresse.

Il a observé que le changement climatique a eu un impact négatif considérable sur la santé, notamment sur les cas de paludisme en Afrique de l'Est, une région qui a subi des cyclones tropicaux plus fréquents. L'incidence des épidémies de choléra a augmenté en rapport avec leur fréquence en Afrique orientale et australe.

Yamina Saheb, autrice principale du groupe de travail 3 du GIEC, a souligné que les gaz à effet de serre peuvent être réduits jusqu'à 70 % si la demande en énergie, en matériaux, en eau et en terres, est considérablement réduite.

Chitembo Kawimbe Chunga, du ministère zambien de l'Économie verte et de l'Environnement, a déclaré que les gouvernements nationaux et locaux ont un rôle essentiel à jouer pour que l'Afrique progresse dans l'adaptation au changement climatique et dans le renforcement de la résilience.

Philip Antwi-Agyei, de l'université ghanéenne Kwame Nkrumah des sciences et de la technologie, a noté que si les stratégies d'adaptation au changement climatique pouvaient atténuer certains des impacts pour les petits exploitants agricoles d'Afrique subsaharienne, il y aurait probablement des compromis qui doivent être bien expliqués.

Ces compromis pourraient inclure des coûts plus élevés, des besoins supplémentaires en main-d'œuvre et une concurrence entre les objectifs ou les ressources disponibles, a déclaré Antwi-Agyei. Il a ajouté qu'il y aurait également des synergies découlant de la mise en œuvre de mesures d'adaptation, notamment une productivité accrue, la stabilité des rendements et la protection de l'environnement.

Olumide Lala, directeur de Climate Transition, a enjoint les pays africains à améliorer leur collecte de données et a appelé à une augmentation du financement de l'adaptation, qui reçoit généralement moins de financements que l'atténuation.

En raison d'un manque de financement, de personnel et d'infrastructures technologiques, l'Afrique, continent le plus vulnérable au changement climatique, ne dispose que d'un huitième de la densité minimale de stations météorologiques recommandée par l'Organisation météorologique mondiale.

La clôture du webinaire a été marquée par un appel lancé aux participants pour la diffusion des conclusions du rapport auprès des communautés, des gouvernements et des autres parties prenantes.

Pour en savoir plus sur les messages principaux du rapport, consultez le site internet

Pour plus d'informations : J.MOITUI@AFDB.ORG, Programme d'accélération de l'adaptation en Afrique

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