Tchad: Des élections transparentes sont-elles possible après la transition ?

Manifestants dans les rues de la capitale le 7 août 2021 (archive)
analyse

Les participants au dialogue national ont décidé de prolonger de 24 mois la transition et de permettre à Mahamat Déby Itno, de briguer la présidence.

La probable candidature du chef de la junte militaire à la prochaine présidentielle, fait débat au Tchad et à l'extérieur du pays.

L'Union européenne (UE) a fait part dimanche (02.10.2022), de sa "préoccupation" concernant les décisions prises la veille, de prolonger la transition et de permettre au chef de la junte militaire Mahamat Déby Itno de briguer la présidence.

Ces mesures ont été adoptées par le "dialogue de réconciliation nationale", mais en l'absence d'une très grande partie de l'opposition et des organisations de la société civile qui le boycottent, ainsi que de deux des trois plus importants groupes armés rebelles.

Dans un communiqué, l'UE dit sa "préoccupation concernant certaines conclusions du Dialogue, relatives au cadre des prochaines élections en ce qu'elles ne tiennent pas compte des communiqués du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA)(...) relatifs à la durée de la transition et à la clause d'inéligibilité concernant les autorités qui en assurent la conduite".

Ce texte est un communiqué conjoint de l'UE et des ambassades de France, d'Allemagne, d'Espagne et des Pays-Bas au Tchad.

Le 19 septembre, l'UA avait demandé à la junte de respecter "la période de 18 mois pour l'achèvement de la transition et sans équivoque qu'aucun membre du Conseil militaire de transition (CMT) ne pourra être candidat aux élections à la fin de la transition".

Dans ses décisions de samedi, le Dialogue n'a donc pas suivi l'UA, en prolongeant de deux ans maximum la période de transition vers des élections, et en autorisant Mahamat Déby à briguer la présidence du pays.

Les participants ont également adopté le principe d'élections faites sur la base d'un fichier électoral informatisé.

Pour l'analyste Baidessou Soukolgue, joint par la DW, "l'Union africaine et la France ont fait preuve de souplesse face à la junte au pouvoir. L'Union africaine se trouve prise au piège de son propre jeu en ayant refuser de qualifier d'anticonstitutionnel, la prise de pouvoir de Mahamat Déby. Elle s'est donc privée d'une base contraignante. La transparence d'une élection est avant tout une question de volonté politique et non simplement une question de fichier électoral." Une interview à suivre en cliquant sur l'image ci-dessus.

Le jeune général de 37 ans avait été proclamé par l'armée président de la République au lendemain de la mort de son père, Idriss Déby Itno, tué en se rendant au front contre les rebelles le 21 avril 2021.

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