Afrique: COP27 - Le fonds climatique pour l'Afrique reste encore incertain

Cérémonie d'ouverture de la COP27, 7 novembre 2022.

Dans un article du 15 novembre, Laurent Somé, responsable pour l'Afrique des politiques et des partenariats à WWF international, en rapport avec la COP27, regrette que les ministres ne se soient pas engagés de manière significative, beaucoup d'entre eux lisant les déclarations attendues sans négocier activemement.

Laurent Somé a admis que " l'une des questions qui a fait l'objet d'une attention particulière lors de la Conférence des parties à la CCNUCC (COP27) ce mois de novembre en Egypte, est la nécessité de mobiliser des ressources financières pour aider les pays à s'adapter au changement climatique et qui ont subi des pertes et des dommages en raison de ce changement ". A l'en croire, grâce à un fonds, les pays touchés peuvent accéder à des financements, sous forme de subventions, pour atténuer les effets supplémentaires du changement climatique. Mais, malgré cette volonté, a-t-il fait savoir, " le fonds climatique pour l'Afrique reste encore incertain ". " Cette semaine, lors de la conférence, une réunion ministérielle sur le nouvel objectif chiffré collectif relatif au financement du climat a été organisée pour que les parties négocient un nouvel objectif de financement du climat allant au-delà de l'objectif actuel de 100 milliards de dollars. Cependant, les ministres ne se sont pas engagés de manière significative, beaucoup d'entre eux lisant les déclarations attendues sans négocier activement ", a fait savoir le responsable pour l'Afrique des politiques et des partenariats à WWF international.

Il a relevé que l'inscription des pertes et dommages à l'ordre du jour a été un premier succès pour la COP27, soulignant qu'il n'est pas encore certain qu'un plan de financement puisse être convenu pendant cette COP.

Toutes les parties, a-t-il dit, ont mentionné le besoin urgent de reconnaître le manque de financement pour les pertes et dommages et d'assurer la création d'un nouveau fonds multilatéral adapté et fonctionnant comme un mécanisme financier, en particulier pour les pays les moins avancés et les petits États insulaires. Laurent Somé estime qu'en général, les pays en développement ont fait pression pour un objectif élevé. Ce qui va dans la droite ligne des recommandations faites par le WWF. " La Norvège a suggéré d'envisager plusieurs objectifs pour l'atténuation, l'adaptation et les pertes et dommages, comme l'a recommandé le WWF ", a-t-il indiqué. L'envoyé américain pour le climat, John Kerry, a-t-il dit, a reconnu l'importance du financement nécessaire, mais a déclaré que les États-Unis ne pouvaient pas agir seuls.

Une question épineuse pour les pays africains

Pour le responsable pour l'Afrique des politiques et des partenariats à WWF international, en effet, les effets catastrophiques du changement climatique sont ressentis dans le monde entier, y compris par près de 43 millions de personnes en Afrique. Tous les secteurs, a-t-il soutenu, sont touchés : la santé, le tourisme, l'agriculture et l'éducation. Il a estimé que les communautés qui ont le moins contribué au changement climatique sont les plus touchées par la crise. " La région contribue pour moins d'un pour cent des émissions mais souffre pourtant des actions des pays riches. Il ne fait aucun doute que la justice climatique est essentielle pour les pays africains ", a-t-il expliqué, notant que ceci reste une question épineuse pour les pays africains.

L'accès à un financement

Laurent Somé a indiqué que les discussions précédentes sur le changement climatique, ancrées dans le cadre du Protocole de Kyoto et de l'Accord de Paris, ont appelé à une assistance financière des parties disposant de plus de ressources financières vers celles qui sont moins bien dotées et plus vulnérables. Cette démarche, a-t-il ajouté, reposait sur la reconnaissance du fait que la contribution des pays au changement climatique et leur capacité à le prévenir et à faire face à ses conséquences varient énormément, surtout en Afrique, où des ressources financières importantes sont nécessaires pour s'adapter et réduire les impacts ainsi que les effets négatifs d'un climat changeant. " Les données disponibles montrent que l'Afrique a besoin de 2 800 milliards de dollars américains entre 2020 et 2030, soit plus de 93 % du produit intérieur brut du continent, pour remplir ses obligations en matière de financement climatique. Jusqu'à présent, les gouvernements africains ont engagé 264 milliards de dollars américains de ressources publiques nationales, soit environ 10 % du coût total nécessaire ", a-t-il fait savoir. Ainsi, il a souligné que 2 500 milliards de dollars américains doivent provenir de sources publiques internationales et des secteurs privés nationaux et internationaux.

Le principal défi pour les pays africains et les autres pays en développement, a-t-il estimé, est d'accéder à un financement nouveau à l'échelle et prévisible pour l'action climatique à des conditions abordables et raisonnables qui n'exacerbent pas davantage la crise de la dette.

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