La Journée internationale de l’éducation sera dédiée cette année aux enjeux liés à l'intelligence artificielle, a annoncé la Directrice générale de l'UNESCO, Mme Audrey Azoulay, ce 20 janvier 2025, dans un communiqué de l’organisme.
« En dédiant la Journée internationale de l'éducation 2025 à l'intelligence artificielle, l'UNESCO vise à une discussion mondiale sur la place occupée par cette technologie dans l'éducation », indique le document.
Célébrée tous les 24 janvier de chaque année, Mme Azoulay appelle, à cet effet, les États membres de l'UNESCO à investir dans la formation des enseignants et des élèves pour un usage réfléchi de cette technologie dans l'éducation.
Selon elle, l'IA offre des opportunités majeures pour l'éducation, à condition que son déploiement à l'école soit guidé par des principes éthiques clairs. « Pour révéler tout son potentiel, cette technologie doit s'additionner aux dimensions humaines et sociales de l'apprentissage, et non les remplacer. Elle doit être un outil au service des enseignants et des élèves, qui a pour principal objectif leur autonomie et leur bien-être », souligne la Directrice générale de l'UNESCO.
Il faut noter que l'intelligence artificielle est de plus en plus présente dans l'éducation. « Dans les pays à revenu élevé, plus de 2/3 des élèves du secondaire utilisent déjà des outils d'IA générative pour produire des travaux scolaires », précise le communiqué.
Aujourd’hui, « les enseignants font de plus en plus appel à l'IA pour préparer leurs cours et évaluer les productions des élèves ».
Cependant, le document assure que les acteurs de l'éducation manquent encore d'orientations claires sur ces pratiques. D’après une étude de l’UNESCO menée en mai 2023 auprès de 450 établissements, seuls 10 % des écoles et des universités encadrent officiellement l'utilisation de l'IA.
En 2022, seuls 7 pays avaient élaboré des cadres ou des programmes sur l'IA à l'intention des enseignants, et seulement 15 avaient intégré des objectifs de formation à l'IA dans leurs programmes scolaires nationaux. Parallèlement, un nombre croissant d'États imposent des limitations à l'utilisation des nouvelles technologies en classe.
Selon de nouvelles données de l'UNESCO, près de 40 % d'entre eux disposent aujourd'hui d'une loi ou d'une politique interdisant l'utilisation des téléphones portables à l'école, alors qu'ils n'étaient que 24 % en juillet 2023.
L'UNESCO rappelle par ailleurs que les moyens consacrés à l'IA par les États doivent s'ajouter et non détourner les ressources financières déjà allouées à l'éducation, alors qu'une école primaire sur quatre n'a toujours pas accès à l'électricité et que 60 % d'entre elles ne sont pas connectées à Internet.
Toutefois, il est énuméré dans le document les besoins essentiels qui doivent rester prioritaires, notamment des écoles bien gérées et bien équipées, avec des enseignants bien formés et bien rémunérés, motivés par leur mission.