Afrique: La suspension de l'aide américaine inquiète les acteurs de la lutte contre le SIDA

Une femme à Kampala, en Ouganda, tient ses médicaments contre le VIH en mai 2022. Des centaines de milliers d'Ougandais vivant avec le VIH ne prennent pas de médicaments antirétroviraux, et l'on craint de plus en plus qu'un décret américain n'affecte l'accès à la prévention et au traitement du VIH, largement financés par le PEPFAR.

A la suite de la décision prise par l'administration Trump de suspendre une grande partie de l'aide étrangère américaine pour 90 jours, des centaines de programmes de lutte contre le VIH/sida sont menacés sur le continent. Parmi eux notamment : le Pepfar, un plan d'urgence créé en 2003 sous la présidence de George W. Bush qui a permis de sauver plus de 25 millions de vies dans 55 pays en 20 ans. Selon l'ONU, son interruption pourrait causer la mort de plus de 6 millions de personnes en quatre ans.

L'onde de choc provoquée par la décision prise par Donald Trump dès son investiture de suspendre l'aide internationale américaine pour une durée de trois mois n'en finit pas de se propager, notamment en Afrique où les acteurs de la lutte contre le sida craignent qu'elle ne débouche sur l'interruption de l'un des programmes phares du secteur : le Plan d'urgence présidentiel de lutte contre le sida (Pepfar). Un plan dont la disparition pourrait, selon le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), entraîner la mort de plus de 6 millions de personnes en quatre ans...

Si les nouvelles infections au VIH ont chuté de 60 % depuis 1995 pour atteindre le nombre d'1,3 million en 2023 selon la directrice exécutive de l'ONUSIDA, l'Ougandaise Winnie Byanyima, celle-ci indique aussi que ce chiffre pourrait être multiplié par six d'ici 2029 suite à la décision de l'administration Trump.

Des milliers de contrats résiliés chez les travailleurs de santé

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Préjudiciable d'abord et avant tout pour les malades, la suspension de l'aide américaine n'en a pas moins aussi des conséquences pour les travailleurs de santé engagés dans la prévention et la lutte contre le virus. Dans la foulée de cette annonce, des milliers de contrats ont en effet été résiliés en l'espace de quelques jours à travers tout le continent africain, perturbant gravement les activités des services de santé communautaires.

Les innombrables critiques suscitées par l'initiative américaine ont, certes, conduit le secrétaire d'Etat,Marco Rubio, à émettre une dérogation autorisant la poursuite de « l'assistance humanitaire vitale » - dont la lutte contre le sida fait partie - à la fin du mois de janvier. Mais celle-ci n'a permis de dissiper ni les incertitudes, ni la confusion sur le terrain puisque certains services de prévention comme la prophylaxie pré-exposition restent bel et bien en suspend.

Force est toutefois de constater aussi que cette situation a conduit à révéler combien les systèmes de santé des pays bénéficiaires du programme Pepfar étaient vulnérables. Une situation qui pourraient les contraindre à repenser entièrement - et en urgence - leurs stratégies de financement...

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