Ouganda: Museveni brise le silence, Bobi Wine intensifie la pression pour la libération de Kizza Besigye

Le Dr Besigye descend du fourgon de la prison dans les locaux du tribunal de Makindye à son arrivée pour son audience de libération sous caution

En Ouganda, l'incarcération prolongée de l'opposant Kizza Besigye inquiète de plus en plus. Derrière les barreaux depuis novembre, son état de santé se dégrade, tandis que les appels à sa libération se multiplient. Plusieurs figures de l'opposition, dont le président du National Unity Platform, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, ont donné 48 heures au président Yoweri Museveni pour relâcher l'opposant historique ainsi que tous les autres prisonniers politiques. Après un long silence, Museveni a finalement réagi mardi 18 février, invoquant la gravité des accusations qui pèsent contre Besigye. Une déclaration qui ne dissipe pas vraiment les inquiétudes.

« Pourquoi Kizza Besigye a-t-il été arrêté ? » a lancé, incisif, le président Yoweri Museveni sur Twitter, affirmant que les charges retenues contre l'opposant sont graves et justifient son maintien en détention.

Kizza Besigye est accusé de possession illégale d'armes à feu, avec l'intention présumée de menacer la sécurité nationale. Pourtant, la Cour suprême a jugé son procès devant un tribunal militaire « inconstitutionnel », et a ordonné son transfert vers une juridiction civile. Une décision restée lettre morte depuis deux semaines, poussant Besigye à entamer une grève de la faim.

Évacué pour soins d'urgence

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Sa dernière apparition publique, lors d'une audience dans une autre affaire, l'a montré affaibli. Dimanche 16 février, il a été évacué sous haute sécurité vers un centre médical pour des soins d'urgence.

Cette détérioration de son état de santé inquiète l'opposition.

Bobi Wine, chef du National Unity Platform, a tenté lundi de lui rendre visite en prison, mais s'est vu refuser l'accès, officiellement en raison de la situation critique de l'opposant. Derrière le hashtag #FreeKizzaBesigye, il appelle, avec d'autres figures de l'opposition, à une journée de prière ce mercredi 19 février pour exiger sa libération ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Face à cette mobilisation, Museveni met en garde contre toute tentative de déstabilisation, affirmant que « l'Ouganda n'a pas de leçons à recevoir en matière de réconciliation ».

AllAfrica publie environ 400 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.