Afrique: Le Dr Sidi plaide pour une jeunesse africaine pleinement impliquée dans l'économie du continent

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8 Mai 2025

Le Dr Sidi Ould Tah, ancien directeur de la BADEA et candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), milite pour une inclusion active de la jeunesse africaine dans les dynamiques économiques du continent. Selon lui, les jeunes ont longtemps été tenus à l’écart, mais il est temps de les intégrer pleinement dans les institutions et les stratégies de développement.

Ancien ministre de l’Économie de 2008 à 2015, Dr Sidi Ould Tah a dirigé pendant plusieurs années la BADEA, où il a multiplié par douze les financements approuvés et repositionné l’institution sur la scène financière africaine.

A sa prise de parole lors d'une conférence de presse à Nouakchott le mardi 6 mai, Dr Sidi a exprimé sa volonté de collaborer avec les jeunes, les PME et les entrepreneurs du secteur informel. « C’est un impératif, car ce secteur informel freine le développement économique et favorise la fuite des capitaux », a-t-il déclaré. Pour lui, le progrès passe par une collaboration étroite avec les institutions panafricaines telles qu’Afreximbank, et par une place centrale accordée aux institutions financières dans la stratégie de développement.

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S’inspirant de son expérience à la tête de la BADEA, il ambitionne de repositionner la BAD comme pilier de l’architecture financière africaine. « À la BADEA, chaque dollar de ressource propre mobilisait 4 à 5 dollars supplémentaires de nos partenaires. Avec son envergure, ses actionnaires et ses partenaires internationaux, la BAD peut faire encore mieux, mobiliser 9 dollars pour chaque dollar investi », explique-t-il. Ces ressources pourraient provenir de partenaires comme l’AFD, le fonds saoudien ou encore le fonds koweïtien.

Toujours dans le même élan, le Dr Sidi ambitionne de créer une agence africaine de garantie dédiée aux PME. Il explique qu’elle aurait pour mission de faciliter leur accès aux financements en réduisant les exigences de sûretés réelles ou de cautions, obstacles majeurs pour de nombreuses entreprises. Par ailleurs, il envisage aussi l’usage de l’intelligence artificielle pour évaluer le risque de crédit, une méthode déjà testée avec succès en Côte d’Ivoire avec le soutien de la BADEA.

Convaincu que la jeunesse est le moteur de la transformation structurelle de l’Afrique, le Dr Sidi met l’accent sur la nécessité de former les jeunes dans les métiers et les domaines scientifiques répondant aux besoins économiques du continent.

« Mon ambition est de faire de la jeunesse africaine un atout démographique pour transformer nos économies (…) les jeunes doivent être encouragés à travailler en dehors de l'environnement du bureau », a déclaré M. Tah.

Pour sensibiliser la jeunesse au rôle clé de la BAD et aux opportunités qu’elle offre, Dr Sidi prévoit une vaste campagne de concertation avec les acteurs politiques, financiers, la société civile, les médias, les femmes et surtout les jeunes. Ce processus débutera à Abidjan, siège de la BAD.
Il faut surtout dire que ses relations avec la Presse n’ont pas été exclues, il envisage un renforcement avec les acteurs médiatiques afin d’être le point relai entre la BAD et la population, car il le dit si bien « les banques ne communiquent pas toujours comme on le croit. Elles sont souvent axées sur les résultats. Il est temps de leur redonner un visage humain et tourné vers l’avenir ».

Face aux grands défis du continent, il ambitionne de faire de la Banque africaine de développement (BAD) le moteur du développement en Afrique. Son objectif est celui de décupler l’impact des financements et attirer davantage de capitaux privés et souverains, notamment en mobilisant les réseaux qu’il entretient avec les pays du Golfe.
Il entend replacer la BAD au centre d’une architecture financière africaine aujourd’hui jugée trop morcelée. Parmi ses priorités figure également l’emploi des jeunes, enjeu majeur pour un continent qui abritera un quart de la population mondiale à l’horizon 2050.

Il met aussi en avant l’urgence de moderniser les infrastructures, condition essentielle pour accompagner la croissance démographique et économique. Sur la question climatique, il estime que la BAD doit renforcer l’intégration des enjeux environnementaux dans ses projets.

A en croire celui qui veut mettre ses compétences au sein de la BAD, c’est un tournant décisif qui se pointe à l’horizon, et pour y parvenir, une véritable collaboration doit être mise en place et la responsabilité de chaque acteur est importante.

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