En 2025, plus d'une personne sur deux vit dans un pays où la liberté de la presse est gravement menacée - soit 4,25 milliards d'habitants répartis dans 42 pays désormais en rouge vif sur la carte du Classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF). À travers une carte proportionnelle à la population, RSF révèle l'ampleur des atteintes à un droit fondamental : le droit à l'information.
Découvrir le Classement 2025 Le nombre de pays en rouge sur la carte du Classement mondial de la liberté de la presse de RSF a doublé en cinq ans, passant de 21 à 42. Résultat : la majorité de la population mondiale vit désormais dans des pays où la liberté de la presse est gravement menacée. Autre fait notable : le score global moyen, baromètre de la situation de la liberté de la presse dans le monde, est passé sous la barre des 55 points sur 100 pour la première fois. Cette tendance inquiétante se traduit concrètement par une chute du score dans 62 % (112 sur 180) des pays et territoires évalués.
Le nombre de pays en rouge sur la carte du Classement mondial de la liberté de la presse de RSF a doublé en cinq ans, passant de 21 à 42. À l'autre extrémité du spectre, la situation est tout aussi révélatrice : moins de 0,8 % de la population mondiale vit dans un pays où la liberté de la presse est pleinement garantie, et moins de 8 % dans un pays où elle peut être considérée comme satisfaisante. Ce déséquilibre criant illustre l'ampleur de la crise mondiale en matière de droit à l'information des populations.
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"Les résultats du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2025 dressent un constat dramatique : plus de la moitié de l'humanité vit dans un pays où la situation de la liberté de la presse est jugée très grave. RSF appelle les gouvernements à un sursaut pour protéger le droit à l'information : il est irresponsable de laisser la situation se détériorer année après année. Pour améliorer l'indicateur économique, qui tire le score global de la liberté de la presse vers le bas, des solutions existent. Il est temps d'agir pour redessiner une carte de la liberté de la presse non plus en rouge vif, mais en vert éclatant". Blanche Marès, Datajournaliste, responsable du Classement mondial de la liberté de la presse
Modèles et bonnes pratiquesActualité Pour un New Deal pour le journalisme : RSF appelle à une refondation du secteur des médias d'information 02.05.2025 6 pays qui se distinguent par leur dangerosité Parmi les 20 pays les plus mal classés en matière de sécurité pour les journalistes, plusieurs situations particulièrement préoccupantes se distinguent :
- La Palestine (157e, -1), figure parmi les pays les plus dangereux pour les journalistes. Avec près de 200 journalistes tués à Gaza par l'armée israélienne depuis octobre 2023, dont au moins 44 dans l'exercice de leurs fonctions, le territoire concentre le plus grand nombre de journalistes tués ces deux dernières années ;
- La Chine (178e) et la Birmanie (169e) figurent en tête des pays détenant le plus grand nombre de journalistes. 113 journalistes sont enfermés en Chine, dont 10 à Hong Kong (140e), tandis que 59 professionnels de l'information sont derrière les barreaux des geôles birmanes ;
- La Syrie (177e) reste le pays avec le plus grand nombre de journalistes otages, au nombre de 38 à ce jour ;
- L'Afghanistan (175e) se distingue par un nombre record de fermetures de médias, illustrant une répression accrue contre la presse ;
- Enfin, le Mexique (124e) détient le triste record du plus grand nombre de journalistes disparus, avec 28 cas non élucidés à ce jour.
7 territoires passent au rouge Trois pays d'Afrique de l'Est, l'Ouganda (143e), l'Éthiopie (145e) et le Rwanda (146e), passent en situation "très grave" cette année. En Asie centrale, les scores du Kirghizistan (144e) et du Kazakhstan (141e) viennent assombrir le tableau. Au Moyen-Orient également, la Jordanie (147e) chute de 15 places en raison de lois liberticides pour la presse. Hong-Kong (140e) passe aussi en rouge et est désormais dans la même catégorie que la Chine (178e, - 6), la plus grande prison du monde pour les journalistes.
11 pays avec un score inférieur à 25/100 L'Égypte (170e), le Nicaragua (172e) et la Russie (171e) rejoignent la liste des 11 pays dont le score est inférieur à 25/100, en compagnie du Turkménistan (174e), de l'Iran (176e), de l'Afghanistan (175e), de la Syrie (177e) ou d Vietnam (173e), et des trois pays en fin de Classement.
La Chine (178e) et la Corée du Nord (179e) sont de retour dans le trio de fin. L'Érythrée (180e) est devenue au fil des ans un désert de l'information dans lequel , où quatre journalistes sont victimes des plus longues détentions sans procès au monde, dont Dawit Isaak , qui est enfermé depuis 22 ans.
Ces pays incarnent les contextes les plus répressifs pour la liberté de la presse, marqués par une censure omniprésente, une violence extrême contre les journalistes et un contrôle étatique quasi total de l'information.
2 zones avec plus de la moitié des pays en rouge vif La majorité des pays de la zone Europe de l'Est - Asie centrale (EEAC) et de la zone Moyen-Orient - Afrique du nord (MENA) apparaissent en rouge vif sur la carte, témoignant de conditions particulièrement difficiles pour la liberté de la presse.
Si la zone MENA reste la région la moins bien classée au monde, la région EEAC enregistre la plus forte baisse de score global, avec un nombre croissant de pays en situation "très grave", notamment le Kirghizistan (144e) et le Kazakhstan (141e), qui ont rejoint cette catégorie en 2025. Seuls trois pays - la Moldavie (35e), l'Arménie (34e) et l'Ukraine (62e) - échappent à ce niveau d'alerte et ne sont pas en rouge vif.
