Les graines de la résilience au Burkina Faso - Nourrir une nation

17 Mai 2025
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African Development Bank (Abidjan)

À l'école primaire de Konioudou, commune de la province du Bazèga, Françoise Koanda regarde ses élèves, 506 enfants au total (274 filles et 232 garçons), manger avec appétit leur bol de babenda, un plat traditionnel burkinabè composé de légumes verts à feuilles, de poudre d'arachide et de riz.

Directrice de l'école depuis 2020, Mme Koanda a mené une lutte acharnée contre la faim qui émoussait l'esprit des enfants. Puis, en 2021, la Banque africaine de développement a financé le Projet de repas scolaires à base de produits locaux pour une nutrition intelligente (PRSNI), apportant 990 000 dollars pour créer 70 jardins, dont celui de son école. « Nous cultivons des tomates, du sorgho et du niébé », explique-t-elle. « Aujourd'hui, notre cantine sert huit repas locaux, du couscous avec du chou et du tô avec de l'oseille. Cela a changé la donne. »

Dans 301 écoles du pays, le projet a nourri 18 205 enfants - dont 9 033 filles - avec 70 000 kilos de légumes cultivés localement, 183 434 kilos de céréales, de légumineuses et d'oléagineux depuis 2021. À Konioudou, l'équipe de Mme Koanda a appris à cuisiner intelligemment, en ajoutant des vitamines et des vermifuges qui soulagent les maux de ventre. « Les enfants viennent à l'école maintenant », sourit-elle. « Notre taux de réussite aux examens est passé de 50 % en 2020 à 76 % en 2024. » C'est simple : quand les estomacs sont pleins, les esprits sont vifs.

Les projets de la Banque au Burkina Faso, dotés d'un montant global de 1,5 milliard de dollars, sont le moteur de ce changement. Le Programme de renforcement de la résilience à l'insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2RS, 37 millions de dollars investis depuis 2015) a développé la culture du riz et du sésame sur des milliers d'hectares, augmentant ainsi les revenus des agricultrices de 30 %. Le Projet routier du corridor Lomé-Cinkancé-Ouagadougou (CU9, 172 millions de dollars) a permis de bitumer 303 kilomètres de routes, non loin de l'école de Mme Koanda. À Ouagadougou, le Projet d'électrification périurbaine (PEPU, 33 millions de dollars) alimente 27 375 foyers en électricité, et le Projet d'assainissement des quartiers périphériques de Ouagadougou (SPAQPO, 42 millions de dollars) a réduit les inondations de 94 %.

Au-delà des écoles, le projet PRSNI contribue à des avancées plus importantes. Dans la région de la Boucle du Mouhoun, le projet routier CU9 a réduit les temps de trajet, permettant aux camions de transporter 3,8 millions de tonnes de marchandises par an, contre 2,8 millions auparavant, aidant ainsi les agriculteurs à vendre davantage. Dans la banlieue de Ouagadougou, le projet SPAQPO a réduit les maladies d'origine hydrique de 50 % à 34 %, préservant ainsi la santé des enfants. Ensemble, ils participent à la construction d'un Burkina Faso plus fort.

« Le projet PRSNI nous a appris le travail d'équipe, la santé et l'éducation nationale », constate Mme Koanda. Grâce aux 990 000 dollars déjà investis par la Banque africaine de développement, son école prouve qu'associer les populations, l'argent et les terres de l'Afrique peut faire des merveilles. Mais d'autres enfants ont besoin de cette aide. Le déficit de financement annuel de l'Afrique, qui s'élève à 402 milliards de dollars, demeure considérable. « Nous avons besoin d'une nouvelle phase », insiste-t-elle, rêvant que chaque école ait son jardin. Son histoire montre comment de petites graines, soutenues par des investissements judicieux, peuvent faire naître de grands espoirs.

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