Afrique du Sud: Trump-Ramaphosa, les sujets qui divisent

Le président Cyril Ramaphosa dans le bureau ovale avec le président Donald Trump avant les entretiens officiels.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rencontré ce mercredi (21.05.2025) Donald Trump. Les relations sont tendues depuis des mois entre leurs deux pays.

C'est la première visite d'un dirigeant africain à la Maison Blanche depuis l'entrée en fonction en janvier de Donald Trump. Et depuis le retour aux affaires du milliardaire américain, les relations n'ont cessé de se dégrader entre les États-Unis et l'Afrique du Sud.

Donald Trump a fait de l'Afrique du Sud l'une de ses cibles favorites, dénonçant notamment la discrimination raciale dans ce pays qui viserait, selon lui, la minorité blanche descendant des premiers colons européens.

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Le président américain parle même de "génocide" contre les Afrikaners sans apporter la moindre preuve. Une cinquantaine d'entre eux se sont envolés récemment vers les États-Unis dans le cadre d'un plan spécial de relocalisation.

Pour Fredson Guilengue, responsable du programme régional de la Fondation Rosa Luxemburg pour l'Afrique australe, à Johannesburg, Cyril Ramaphosa va tenter de rassurer l'administration Trump.

"L'objectif, je suppose, est d'essayer de nettoyer l'image de l'Afrique du Sud et d'éliminer la perception que Trump met en avant sur l'Afrique du Sud, comme un pays où un génocide contre les Afrikaners blancs a lieu."

Le gouvernement de Cyril Ramaphosa nie les allégations de Donald Trump et affirme que les Blancs, qui possèdent plus de 70% des terres alors qu'ils ne représentent que 7% de la population, ne font l'objet d'aucune discrimination.

Agoa, Sommet du G20 et guerre à Gaza

Cyril Ramaphosa s'efforcera également de présenter un nouveau cadre commercial qui régira les échanges entre les deux pays, dans le cadre de la loi sur la croissance et les opportunités (Agoa) entre les États-Unis et les pays d'Afrique subsaharienne. Un accord qui expire le 1er octobre 2025.

Le président sud-africain devrait aussi tenter de convaincre Donald Trump de participer au sommet du G20 prévu en novembre à Johannesburg et que le président américain a l'intention de boycotter.

Pour Daniel Silke, analyste politique basé au Cap, un facteur important est le leadership de l'Afrique du Sud au sein du G20 cette année.

"Le G20 - malgré les commentaires des États-Unis et les tentatives de retrait des organisations et organes mondiaux - reste l'un des plus importants de ces organes, dont l'Afrique du Sud assure la présidence cette année. C'est dans ce contexte que l'Afrique du Sud prend de l'importance au niveau mondial et il est donc raisonnable que les deux parties se rencontrent à Washington."

Autre sujet de crispation : le conflit à Gaza. L'Afrique du Sud a porté plainte contre Israël devant la Cour internationale de justice, alléguant que l'armée israélienne commettait un « génocide » à l'encontre des Palestiniens de la bande de Gaza. Une plainte dénoncée par les États-Unis, grand allié d'Israël.

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