Le président sud-africain est depuis lundi en séjour aux Etats-Unis où il a rencontré notamment son homologue américain hier, mercredi 21 mai 2025, à la Maison Blanche.
Une opération de rabibochage que les Sud-Africains eux-mêmes appellent « réinitialisation ». Réinitialisation, en langage informatique, c'est redémarrer un système ou une machine après un blocage. C'est la preuve que Cyril Ramaphosa et ses compatriotes sont conscients que les relations entre les deux pays sont à l'arrêt.
Il est vrai que depuis un certain temps, les contentieux n'ont cessé de s'accumuler depuis le retour de Donald Trump dans le Bureau Ovale. Le premier différent est parti de la loi signée par Cyril Ramaphosa le 23 janvier et qui autorise la saisie des terres agricoles détenues par la minorité blanche. En effet, malgré la fin de l'apartheid depuis une trentaine d'années, 70 % des terres arables sont occupées par la minorité blanche qui ne représente pourtant que 7 % de la population.
Qu'à cela ne tienne, l'administration Trump, a commencé par le fantasque milliardaire Elon Musk, d'origine sud-africaine, ne s'est pas gêné pour parler de génocide, alors que les souvenirs atroces de l'apartheid sont encore vivaces dans les mémoires des Sud-Africains. Les Américains voudraient voir ce que c'est qu'un génocide, qu'ils devraient se rendre actuellement à Gaza, où Israël, avec leur soutien, ne fait rien d'autre qu'une véritable entreprise d'épuration raciale.
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À cela est venu se greffer l'arrivée la semaine dernière sur le sol américain de 49 premiers Afrikaners à qui les Etats-Unis ont offert le statut de réfugiés. Avant cela, Ebrahim Rasool, l'ambassadeur sud-africain aux Etats-Unis, avait été expulsé par les autorités américaines. Il est vrai que s'agissant de la hausse des tarifs douaniers, l'Afrique du Sud n'est pas le seul pays dans ce cas. Mais les répercussions sur l'économie sud-africaine pourraient être désastreuses, notamment dans le secteur minier et celui de l'automobile. Dans ces milieux, on craint une forte perte d'emplois.
Sans oublier la plainte déposée par Pretoria auprès de la Cour internationale de Justice sur le génocide que serait en train de perpétrer Israël dans les territoires occupés.
Autant dire que les sujets qui fâchent sont si nombreux qu'on se demande comment le président sud-africain pourrait s'y prendre pour déminer ce terrain quand on connaît la brutalité avec laquelle le locataire de la Maison-Blanche imprime ses relations avec les autres pays. Mais comme avec le milliardaire new-yorkais, tout finit toujours autour du transactionnel, Ramaphosa n'aura pas d'autres choix que d'offrir des facilités dans l'exploitation des minerais rares (diamant, manganèse, platine...) dont le pays de Mandela regorge.
On peut être convaincu que Trump est sûr de sa force et obtient toujours ce qu'il veut, à l'image de ce qui est en train de se dessiner dans le dossier ukrainien où les mêmes marchandages sur les terres rares se font sous le couvert de la recherche de la paix. Ainsi va la Pax Americana sous l'ère Trump, et les pays faibles et pauvres n'ont pas certainement fini d'en baver littéralement. Le Springbok, premier capitaine de l'équipe de rugby sud-africaine qu'est Ramaphosa, sait donc à quoi s'attendre devant le locataire de la Maison-Blanche.
