Les assisses des 60èmes Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se sont officiellement ouvertes ce mardi 27 mai 2025 , à Abidjan.
C ’ est le président du pays hôte, Alassane Ouattara, qui a donné le top départ. Dans son adresse d ’ ouverture, il a félicité le premier responsable de la Banque, Akinwumi Adesina. Pour cause, sous sa direction, « la Banque africaine de développement a enregistré des performances exceptionnelles guidées par des priorités réunies sous l’appellation "High 5". À savoir : éclairer l’Afrique, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains. Cette approche intégrée a permis de recentrer l’action de la Banque sur les leviers essentiels d’un développement inclusif », s’est réjoui le chef de l’État ivoirien.
Pour donner un ordre de grandeur, le capital de la BAD a doublé en 10 ans. C’est aujourd’hui 318 milliards de dollars. Mais face aux défis complexes et aux tensions de tous ordres dans le monde, « les perspectives économiques mondiales restent modestes et incertaines, tandis que celles de l’Afrique, bien qu’en légère amélioration, demeurent insuffisantes pour répondre aux besoins de transformation structurelle du continent », a dénoncé Alassane Ouattara.
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Le président ivoirien a notamment pointé du doigt « les conflits géopolitiques en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, le resserrement des conditions financières, la baisse de l’aide publique au développement ainsi que les tensions commerciales accrues depuis janvier 2025 ». Pour lui, « toutes ces évolutions risquent de fragiliser davantage les pays en développement, et, plus particulièrement, les économies africaines, en accentuant les pressions inflationnistes, les risques de surendettement, les déséquilibres macroéconomiques et les inégalités sociales ».
Dans cette incertitude, l’optimisme reste de mise. Pour l’Afrique qui table sur une légère croissance (de 3.3% en 2024 à 4% en 2026), « les efforts doivent se poursuivre pour que cette croissance soit porteuse de transformations profondes à l’échelle du continent », a appelé le président Ouattara. Cela nécessite des investissements massifs et une mobilisation stratégique de tous les leviers. En particulier le capital humain, les ressources naturelles, les capacités financières et commerciales, l’innovation.
Alassane Ouattara n’a pas passé sous silence les projets de la BAD à travers toute l’Afrique. Selon lui, l’institution financière a profondément transformé le paysage économique et social du continent, en dépit de certaines contingences. « Les réalisations sont nombreuses et visibles à travers le continent, que ce soit dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’industrialisation, de l’électrification, des infrastructures de transport, de la politique d’intégration régionale ou de l’amélioration des conditions de vie des populations », a-t-il énuméré.
Son pays, la Côte d’Ivoire, en donne l’illustration évidente. Des acquis soulignés peu avant lui par le président de la Banque, Akinwumi Adesina, élu à la tête de l’institution le 28 mai 2015. Le Nigérian quittera ses fonctions au terme de ces Assemblées annuelles, vendredi 30 mai, après 2 mandats consécutifs. Son successeur sera connu ce jeudi.