Afrique: Banque africaine de développement - Une pâte complexe à faire lever

Les présidents de la République des Comores, Azali Assoumani, de la Côte d'Ivoire Alassane Outtara, du Ghana John Mahama, le président sortant de la BAD et son épouse à la cérémonie de lancement des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement

Derrière les chiffres de la Bad, se dessine une pâte complexe à faire lever : celle d'un continent confronté à des urgences multiples ( dette, climat, technologie, inégalités).

Le successeur d' Akinwumi Adesina ne part pas de zéro, mais il a du pain à pétrir, dans un moule exigeant : préserver la stabilité financière, répondre à l'urgence climatique, tout en assurant un développement inclusif dans un contexte géopolitique incertain. Une série de défis multidimensionnels, dans un contexte mondial instable et un continent en pleine mutation.

Il lui faudra préserver la crédibilité financière de l'institution que lui confère sa notation AAA, dans un contexte de dette mondiale croissante ; de hausse des taux d'intérêt, et de pression sur les flux d'investissements. En outre, il lui faudra maintenir la confiance des marchés tout en mobilisant davantage de ressources.

Malgré les succès, les pays en conflit, à faible revenu ou enclavés demeurent peu desservis et une redéfinition ciblée des priorités pourrait être nécessaire pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD). Par ailleurs, le changement climatique frappe durement l'Afrique, et la BAD est attendue sur le financement de la transition énergétique, la résilience agricole et la gestion de l'eau.

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A cela s'ajoute l'impératif d'investir dans la jeunesse africaine et les emplois durables. Si la stratégie des « High 5 » a imprimé une cohérence nouvelle à l'action de la BAD, l'Afrique de 2025 est plus jeune, plus urbaine, plus digitale. Il faudra désormais étaler une nouvelle stratégie : Intégrer l'intelligence artificielle dans les programmes d'éducation, de santé et de finance inclusive ; renforcer les financements climatiques et de résilience agricole ; mieux raccorder les pays enclavés aux infrastructures régionales ; réformer la gouvernance pour une BAD encore plus agile et inclusive.

En gros, le successeur de Dr. Adesina ne dirigera pas seulement une banque, mais devra porter la voix d'un continent, catalyser son potentiel et défendre sa souveraineté économique. Et comme le veut l'adage revisité, « Celui qui veut nourrir l'Afrique ne peut rester les bras croisés devant le four ». Dans cette boulangerie du développement africain, les fourneaux tournent sans répit... et la file d'attente ne cesse de s'allonger.

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