Le Soudan devrait avoir un nouveau gouvernement dans les prochains jours. Le Premier ministre Kamal Idriss a dissout le gouvernement intérimaire, ce dimanche 30 mai, et a ordonné aux chargés des affaires des différents ministères de s'occuper des affaires courantes jusqu'à nomination des nouveaux ministres. Kamel Idriss a été nommé à son poste il y a tout juste deux semaines par le chef de l'armée, le général Al-Burhan. Ancien haut fonctionnaire de l'ONU, sa nomination divise au sein de la classe politique et de l'armée.
La mission du nouveau Premier ministre soudanais s'avère très compliquée et semée d'embûches. Non seulement parce que l'effort nécessaire pour répondre aux besoins humanitaires et pour reconstruire le Soudan est colossal, mais aussi et surtout, parce que cette nomination n'a pas été le fruit d'un consensus national. Elle divise au sein même des forces communes qui soutiennent l'armée.
Nomination illégale
Certains partis politiques refusent de nommer un Premier ministre avant de mettre fin à la guerre, d'autres considèrent que la nomination d'un Premier ministre par le chef de l'armée est illégale. Cette nomination de Kamel Idriss a cependant été saluée par un certain nombre de pays arabes et africains. L'armée de son côté, affiche le caractère civil du nouveau Premier ministre.
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Une bouée de sauvetage
Pour plusieurs observateurs, cette nomination constitue une bouée de sauvetage pour l'armée, isolée sur la scène internationale, depuis son coup de force contre le gouvernement Hamdok en 2021. L'adhésion du Soudan était également suspendue au sein de l'Union africaine. Khartoum espère ainsi reprendre l'initiative.
