Albert Ojwang avait été arrêté samedi 7 juin après une plainte du numéro 2 de la police. Il est décédé la nuit suivante pendant sa détention. L'autopsie réalisée ce mardi 10 juin pointe vers une agression.
Dans la version des événements avancée par la police, Albert Ojwang se serait cogné la tête contre le mur. Il aurait été retrouvé inconscient dans sa cellule lors d'une inspection. Il aurait ensuite été emmené à l'hôpital et déclaré mort à son arrivée. Mais cette version n'est pas cohérente avec les résultats de l'autopsie réalisée ce mardi.
« La cause du décès est très claire : il y a un traumatisme crânien et une compression du cou. Nous avons aussi noté des blessures réparties sur tout le corps, ce qui laisse penser à une agression. Ce sont des blessures infligées par une force externe, a rapporté devant la presse, Bernard Midia, un des cinq médecins pathologistes ayant mené l'examen médical. Si la tête avait été cognée contre le mur, il y aurait des signes distincts, comme une hémorragie frontale. Mais les saignements que nous avons notés sur le cuir chevelu étaient plus étendus, sur le visage ainsi que sur les côtés et l'arrière de la tête. Quand on compile ça avec le reste des blessures sur l'ensemble du corps, il y a peu de chances que ce soit des blessures auto-infligées. » Selon le médecin, l'autopsie a également relevé des signes de lutte.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Albert Ojwang, âgé d'une vingtaine d'années, avait été arrêté samedi dans le comté d'Homa Bay, dans l'ouest du pays, en raison d'une publication sur X qui aurait insulté un officier de police. Il avait ensuite été conduit à Nairobi, où il avait passé la nuit en détention. Son père avait appris son décès en venant lui rendre visite le lendemain.
Depuis l'annonce des résultats, la colère enfle sur les réseaux sociaux. Les Kényans demandent justice et surtout la démission du numéro 2 de la police, Eliud Lagat, derrière la plainte qui a mené à l'arrestation d'Albert Ojwang. La police a déjà annoncé avoir suspendu tous les officiers présents lors de sa détention afin de faciliter l'enquête.
