À l'occasion de l'événement Technovation 2025 organisé par Philip Morris International (PMI), plusieurs experts de la santé publique, de l'industrie et de la communication se sont réunis autour de la table ronde intitulée « Vers une réglementation sanitaire plus intelligente ». L'enjeu était de repenser les cadres législatifs autour des produits du tabac afin d'accélérer la transition vers des alternatives sans fumée, mieux encadrées et plus sûres.
Lors de son intervention, Branislav Bibic , vice-président régional de PMI pour l'Afrique subsaharienne, a souligné l'urgence de mettre à jour les cadres réglementaires obsolètes, hérités d'une époque où seule la cigarette traditionnelle existait. « En Afrique du Sud, la loi actuelle date de 1993, bien avant l'arrivée des alternatives sans combustion. Nous avons besoin d'une réglementation différenciée, basée sur les faits scientifiques et non sur l'idéologie », a-t-il indiqué .
Selon lui, traiter tous les produits nicotiniques de la même manière constitue une erreur : « Tous les produits du tabac ne présentent pas le même niveau de risque. Le snus, par exemple, est 95 % moins nocif que les cigarettes. La science nous permet aujourd'hui de classer ces risques. »
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Tommaso Di Giovanni, vice-président Communication et Engagement de PMI, a appuyé la nécessité d'une approche réglementaire pragmatique et structurée. « Si ces produits sont meilleurs que les cigarettes, les fumeurs devraient pouvoir y accéder. Et s'ils sont effectivement moins nocifs, ils doivent être informés », a-t-il déclaré. Mais il a également insisté sur un impératif , à savoir la protection des mineurs et d es non-fumeurs.
« Nos produits ne sont pas destinés aux jeunes, ni aux anciens fumeurs. La réglementation peut encadrer strictement l'accès, comme c'est le cas aux États-Unis où la FDA a autorisé le Zyn après avoir évalué que seulement 1,8 % des mineurs l'utilisaient. Cela montre qu'un cadre strict fonctionne », a-t-il expliqué.
M. Tommaso a également cité des exemples internationaux encourageants, comme la Suède, où le taux de tabagisme est passé sous la barre des 5 %, en grande partie grâce à la diffusion du snus , un sachet de tabac oral sans combustion. « C'est un cas d'école qui prouve que lorsque des alternatives efficaces sont disponibles et réglementées intelligemment, la cigarette recule. »
Andrea Gontkovicova , vice-présidente Affaires corporatives de PMI pour la région SSEA, CEI & MEA, a de son côté alerté sur les effets pervers d'une régulation absente ou inefficace. « Lorsqu'un paquet de cigarettes est vendu en dessous d'un certain prix, c'est souvent un produit de contrebande. Le consommateur doit en être informé. Il met sa santé en danger, et son argent peut servir à financer des activités illégales. »
Elle a souligné le rôle crucial des médias et des pouvoirs publics pour sensibiliser les citoyens sur ce double enjeu : sanitaire et économique. Pour elle, le message doit être clair : « Chaque achat compte, et chaque choix a des conséquences. »
Enfin, Themba Mathebula , responsable de la communication au Council for Scientific and Industrial Research en Afrique du Sud, a encouragé une approche collective. Il a salué les efforts des organismes multilatéraux comme le CDC africain, qui ont su mutualiser les systèmes de santé durant la pandémie. « L'Afrique ne peut plus se permettre d'agir en vase clos. Il est temps de s'inspirer de modèles qui fonctionnent ailleurs, d'unir nos efforts pour adopter des politiques adaptées à nos réalités. »
Cette table ronde a permis de mettre en lumière un consensus fort : pour bâtir un avenir sans fumée, il ne suffit pas de proposer de nouvelles technologies. Il faut un cadre réglementaire moderne, équilibré et scientifiquement fondé, capable d'orienter les comportements sans créer de nouveaux risques, notamment chez les jeunes.
