À l'approche de la convocation du corps électoral au Cameroun, en vue de la présidentielle d'octobre, le site internet d'Elections Cameroon (elecam.cm), l'organisation en charge des élections, n'est plus accessible depuis plusieurs semaines. Inaccessible, tout comme la page qui doit permettre aux citoyens de consulter leur inscription sur les listes électorales. Elecam parle d'une maintenance, sans donner de date pour une remise en service. Situation « regrettable » reconnaît le parti présidentiel. Plus que regrettable et même inquiétante, selon des acteurs de la société civile et de l'opposition.
C'est une situation que nous regrettons, reconnaît Patrick Rifoe, communicant du parti du président Paul Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) : « Parce qu'il y a des informations qui devaient être mises à la disposition de nos militants par Elecam et ce n'est pas le cas. Cependant, c'est une situation qui cause un préjudice à tout le monde, c'est-à-dire au RDPC comme à toutes les formations engagées dans le jeu politique. Nous faisons contre mauvaise fortune bon coeur. »
Joseph-Emmanuel Ateba, Secrétaire national à la communication du parti d'opposition Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), y voit une preuve de ce qu'Elecam est, selon lui, un instrument de fraude : « Parce qu'il n'y a pas de raison qu'un organe qui est supposé être indépendant, jouissant d'une autonomie financière, ne puisse pas remplir normalement ses missions. C'est exprès qu'ils le font, parce qu'ils ne veulent pas que les Camerounais vérifient leurs noms sur les listes électorales et se rendent compte de la supercherie qui s'y trouve. »
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« Un gros souci à une période où il y a la prolifération de la mauvaise information »
Pour rétablir la confiance, il faut de la transparence, rappelle Philippe Nanga, directeur exécutif de l'ONG Un Monde Avenir : « Si c'est une question de deux-trois jours, on peut comprendre. Mais quand ça dure plusieurs semaines, ça me semble être un gros souci à une période où il y a la prolifération de la mauvaise information, de la désinformation. Parce qu'il y a de la manipulation de l'opinion, il faut qu'il y ait un espace officiel pour qu'on aille chercher la bonne information pour ne pas se laisser manipuler. »
L'ingénieur Remi Tassing, membre du mouvement Stand Up For Cameroon, avait par ailleurs alerté le trimestre dernier sur le manque de protection des données personnelles des électeurs quand les pages internet d'Elecam étaient encore accessibles.
