Séminaire sur la TVA au Kenya - Des experts exhortent à accélérer le déploiement des systèmes fiscaux numériques

27 Juin 2025
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African Development Bank (Abidjan)
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Des experts en fiscalité appellent à l'extension rapide des systèmes fiscaux numériques en Afrique afin de renforcer la mobilisation des ressources nationales, d'accroître l'efficacité et d'améliorer la transparence des finances publiques.

Cet appel a été lancé le 17 juin 2025, à Nairobi et en ligne, lors d'un séminaire hybride intitulé « Promouvoir une conformité plus intelligente en matière de TVA : le saut numérique de l'Afrique de l'Est », qui s'est tenu avec le soutien du don pour le développement des politiques et des ressources humaines fourni par le gouvernement du Japon. L'événement a réuni des administrateurs fiscaux des pays membres de la Communauté d'Afrique de l'Est (CAE) ainsi que des représentants de la Chambre nationale de commerce et d'industrie du Kenya, du Forum africain sur l'administration fiscale, du secteur privé et des médias.

Organisé par le Groupe de la Banque africaine de développement et le gouvernement du Kenya, le séminaire a mis l'accent sur le potentiel de transformation des solutions numériques pour l'administration fiscale, en particulier les systèmes de taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Les participants ont noté que si de nombreux pays africains ont mis en oeuvre des systèmes de déclaration et de paiement électroniques, qui ont permis d'accroître les recettes fiscales, d'autres continuent de se heurter aux lacunes en matière de conformité, aux inefficacités administratives et à une infrastructure numérique limitée.

« En adoptant la technologie, les pays ne se contentent pas d'améliorer la conformité et d'élargir l'assiette fiscale, mais ils favorisent également plus de transparence, de confiance et de responsabilité entre les États et leurs citoyens », a déclaré, dans son discours de bienvenue, Kennedy Mbekeani, responsable du bureau régional d'intégration et de prestation de services du Groupe de la Banque pour l'Afrique de l'Est.

M. Mbekeani a salué l'événement comme une plateforme vitale pour l'apprentissage par les pairs et l'approfondissement de la compréhension des réformes nécessaires.

George Obell, commissaire du Département des micro et petits contribuables de la Kenya Revenue Authority, a souligné les progrès réalisés par le Kenya en matière d'administration fiscale numérique. Il a présenté des initiatives réussies, telles que le dépôt électronique, la facturation électronique et les systèmes de conformité basés sur les données, notant que la collecte des recettes a augmenté de 11,1 % en 2024, contre 6,4 % l'année précédente. Ces réformes, a-t-il ajouté, ont non seulement stimulé les collectes, mais elles ont aussi rationalisé l'expérience des contribuables.

Les panélistes du séminaire soulignent l'importance de la numérisation des systèmes fiscaux en Afrique.

D'autres pays de la CAE ont également fait des progrès significatifs. Le système de réception et de facturation fiscales électroniques de l'Uganda Revenue Authority a permis d'accroître les recettes de TVA de 50 % depuis son introduction en 2021, selon le superviseur de l'unité, Festo Kasirye. La Tanzanie et le Rwanda ont mis en oeuvre des réformes similaires de la TVA, ce qui a conduit à une plus grande conformité fiscale et une croissance des recettes.

La nécessité d'intégrer le secteur informel dans les systèmes de TVA est un thème clé qui a émergé au cours de la session. Dans de nombreux pays africains, le secteur informel représente 60 à 80 % des emplois et jusqu'à 40 % du PIB. « La simplification des procédures fiscales et le développement de solutions sur mesure sont essentiels pour intégrer ce vaste secteur dans l'espace fiscal », a affirmé M. Obell. « Cela permettra d'élargir l'assiette fiscale sans augmenter les taux d'imposition. »

Malgré les progrès réalisés, des défis persistent. Selon Emeka Nwankwo, du Forum africain sur l'administration fiscale, de nombreux pays ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour développer ou maintenir des plateformes numériques de TVA, former le personnel chargé de la conformité ou investir dans l'infrastructure nécessaire. Les partenariats public-privé représentent une voie viable pour surmonter ces contraintes et accélérer la transformation numérique, a-t-il suggéré.

Takaaki Nomoto, administrateur de la Banque africaine de développement pour le Japon, le Brésil, l'Argentine, l'Autriche et l'Arabie saoudite, a fait écho à ce sentiment. Il s'est appuyé sur l'expérience du Japon : « Le secteur privé peut libérer le plein potentiel de l'économie numérique en tirant parti de la numérisation de la TVA pour stimuler l'efficacité et stimuler la croissance économique. »

Abdoulaye Coulibaly, directeur de la gouvernance à la Banque, a souligné l'importance de mettre en oeuvre une technologie pertinente : « Il n'existe pas de solution universelle. Chaque pays doit adopter des systèmes adaptés à son environnement réglementaire, à sa capacité fiscale et à son niveau de préparation technologique. »

M. Coulibaly a réaffirmé l'engagement de la Banque africaine de développement à soutenir les initiatives de TVA numérique par le biais d'investissements, de soutien consultatif et de partenariats régionaux conçus pour favoriser l'innovation et la croissance économique inclusive.

Pour en savoir plus sur le travail de la Banque africaine de développement en matière de gouvernance économique et financière, cliquez sur ce lien.

Les photos du séminaire « Promouvoir une conformité plus intelligente en matière de TVA » sont disponibles sur ce lien.

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