Centrafrique: A Bangui, une cellule d'écoute pour le lycée Boganda

Rassemblée devant le lycée Barthélémy Boganda à Bangui, une foule se masse en signe de deuil, au lendemain de la mort d’au moins 29 élèves dans une bousculade provoquée par l’explosion d’un transformateur électrique, le 25 juin 2025.

A Bangui, de nombreux élèves d'un lycée souffrent de troubles de stress post-traumatique après la mort de 20 personnes dans un mouvement de foule.

En République centrafricaine, l'explosion il y a une semaine d'un transformateur électrique qui a fait 20 morts et des dizaines de blessés au lycée Barthélémy Boganda de Bangui, est intervenue alors que les élèves étaient en train de passer le baccalauréat.

Si l'examen a été suspendu dans ce centre. Après le drame, l'heure est aux obsèques. Partagés entre le deuil et la possibilité de passer de nouveau leur examen, certains candidats doivent aussi faire face à des troubles psychologiques post-traumatiques.

Faire le deuil des camarades de classe décédés

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Cauchemars, perte d'appétit, stress et angoisses sont les symptômes les plus répertoriés chez les lycéens présents ce jour-là. Wenceslas explique qu'il a "failli mourir et c'était fort... Nous étions tous dans la classe et subitement, on a entendu un grand bruit. C'était grave et on a perdu beaucoup d'amis et de camarades. Après ça, je n'ai pas dormi de toute la nuit. J'ai pensé, j'ai réfléchi et ça me fait du mal. Cela me revient, comme un cauchemar".

Le nom même de l'établissement suscite des angoisses chez les candidats. Il est encore trop tôt pour penser à repasser l'examen, selon Florien Héritier. Il estime qu'après cette "tragédie, nous sommes tous démotivés, on ne peut pas le faire. Nous avons perdu beaucoup de nos amis et nous pleurons tout le temps. Nous n'avons pas la motivation pour composer la suite du baccalauréat, du moins pour l'instant".

Pour tenter d'apporter un début de solution au problème, l'association des femmes juristes de Centrafrique a mis sur pied un service d'écoute des victimes.

Retrouver une stabilité

L'association des psychologues a saisi pour sa part le ministre de l'Education pour assister les élèves. Crépin Brice Ngbomaye est psychologue et il donne quelques conseils aux élèves pour surmonter leur peur.

"Quand vous n'avez pas une très forte capacité de résilience, cela pourrait effectivement vous affecter. Et donc, pour essayer de pallier cela, il faut savoir à quel moment vous voulez réviser. Qu'est-ce que vous faites concrètement quand vous voulez réviser, ou pas ? Par exemple, il faut des activités récréatives. Quand vous voulez réviser, il faut amener votre cerveau à se stabiliser, à chercher et oublier cette situation. Comment pouvez-vous faire cela ? En faisant des jeux, des matchs de football, du sport, et quand le cerveau est dans un esprit sain, cela pourra aider à réviser et finir la composition. On peut aussi revoir l'heure à laquelle on a l'habitude d'étudier. Voilà quelques indicateurs que nous pouvons donner à ces élèves".

La prise en charge des victimes demeure un processus assez long et ceci d'autant plus pour les blessures psychologiques, dont la gravité reste difficile à préciser.

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