Afrique: Afrobarometer déconstruit les clichés sur la passivité citoyenne sur le continent

Rapport phare 2025 d’Afrobarometer
9 Juillet 2025

Le rapport phare 2025 d' Afrobarometer dresse un état des lieux éclairant de la participation citoyenne en Afrique. Intitulé « Faire de la voix des citoyens un pilier clé des décisions politiques e t de développement en Afrique » , ce document met en lumière un constat fort : les Africains s'impliquent activement dans la vie civique et politique, souvent bien plus que ce que l'on imagine, et parfois même davantage que dans d'autres régions du monde.  
 
L'étude rappelle que la démocratie repose sur des citoyens motivés aptes à mettre à profit leur temps, leurs ressources et leurs talents pour influencer les décisions qui concernent leurs communautés et leurs pays. Cet engagement, profondément ancré dans les pratiques traditionnelles africaines, est aujourd'hui également soutenu par des cadres institutionnels modernes inscrits dans les constitutions nationales ainsi que dans les conventions et chartes continentales.  
 
Contrairement aux tendances observées dans les pays du Nord, pays dit s développés où le découragement économique peut freiner la mobilisation, le rapport souligne qu'en Afrique, ce sont souvent les citoyens les plus pauvres qui participent le plus.

Le besoin pousse à l'action, voter, s'engager, manifester ou interpeller les autorités deviennent des leviers pour améliorer une situation jugée difficile. Autrement dit, les populations ne sont pas passives face à l'adversité , mais bien au contraire, elles se montrent souvent déterminées à changer les choses.

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Les données recueillies lors du Round 9 de l'enquête révèlent que 72 % des personnes interrogées ont voté lors de la dernière élection nationale organisée dans leur pays. Des taux encore plus élevés sont enregistrés au Liberia (89 %), en Sierra Leone (90 %) et aux Seychelles (91 %).

Par ailleurs, 41 % des personnes disent se sentir proches d'un parti politique, tandis que 62 % discutent régulièrement de politique avec leur entourage. Près de la moitié des répondants (47 %) ont participé à une réunion communautaire dans l'année écoulée, avec des écarts marqués entre pays de 11 % en Tunisie à 85 % à Madagascar.  
 
L'étude révèle également que 42 % des citoyens se sont associés à d'autres pour évoquer un problème, 37 % ont contacté un chef traditionnel, 28 % un conseiller local, 15 % un membre du Parlement, et 20 % un responsable de parti politique. Les manifestations, bien que moins répandues, ont tout de même mobilisé près de 9 % des répondants au cours de l'année précédente.  
 
Seuls 6 % des personnes interrogées déclarent n'avoir participé à aucune des dix formes de participation recensées par l'étude. En moyenne, chaque individu cumule 3,6 formes d'engagement. Les niveaux de participation les plus élevés sont observés en Gambie, au Lesotho, au Liberia, au Malawi, au Niger, au Nigeria, au Sénégal, en Sierra Leone et au Zimbabwe. À l'inverse, la Tunisie affiche un recul notable, probablement lié aux tensions politiques récentes et à une régression des libertés publiques.  
 
Le rapport insiste sur l'impact positif d'institutions démocratiques solides sur l'engagement citoyen. Là où les élections sont jugées crédibles et les dirigeants réactifs aux préoccupations populaires, les citoyens sont plus enclins à participer. Pour Amina Oyagbola , présidente du Conseil d'administration d' Afrobarometer , ces résultats sont port eurs d'espoir « Les Africains s'engagent politiquement et civiquement de manière diversifiée et dynamique, souvent à des niveaux qui dépassent ceux d'autres régions du monde. Pourtant, des écarts subsistent. De nombreuses voix sont restées muettes, et plusieurs modèles de participation nécessitent une attention urgente . »  
 
Au-delà du simple vote, la démocratie se nourrit d'un tissu citoyen actif et engagé. Les données du rapport témoignent de la vitalité de cette dynamique en Afrique, où malgré les contraintes politiques, les citoyens restent déterminés à faire entendre leur voix et à façonner leur avenir collectif.

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