À Maurice, les artisans ont décidé de ne pas travailler ce lundi 14 juillet. Leur association annonce une journée morte pour protester contre la réforme des retraites. Depuis le 5 juin, la contestation est vive dans l'île, contre le relèvement de l'âge de la pension de retraite. À partir de cette année, il passera progressivement de 60 à 65 ans. L'annonce a provoqué, dans l'île, une vive réaction chez les syndicats et dans la société civile.
Depuis plus d'un mois, le pays est marqué par une série de manifestations contre une réforme qui a provoqué un choc social. Le mouvement de protestation a été lancé par la société civile, menée notamment par Bruneau Laurette, militant et homme politique. « Ce n'est qu'un échauffement [...]. Nous nous disons que nous ne sommes pas d'accord. Parce que la pension universelle, c'est un droit acquis. »
Cette allocation universelle existe depuis 1958, bien avant l'indépendance de Maurice. Elle garantit à toute personne de 60 ans un revenu automatique, sans cotisation ni condition de ressources. Son montant actuel avoisine 290 euros. Le montant est aujourd'hui de 15 000 roupies, soit environ 290 euros, l'équivalent de 75 % du salaire minimum.
Son relèvement progressif à 65 ans, à partir de cette année, suscite également une vive contestation chez les syndicats. « Il y a la colère généralisée dans le pays, lance Radhakrishna Sadien, représentant des fonctionnaires. Ça a provoqué un tollé dans le public, car on commence à démanteler l'État-providence. »
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Le gouvernement justifie cette réforme par son poids sur les finances publiques. Les pensions représentent 26 % des dépenses de l'État, soit, selon le Premier ministre, l'équivalent des budgets combinés de l'Éducation, de la Santé et du Logement. Le vieillissement de la population aggrave la pression. Mais pour les syndicats et la société civile, d'autres moyens existent pour contenir cette charge croissante sur le budget de l'État.
